CONVENTION NATIONALE (1795).
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défense de Nantes , et la dispersion des rebellesde la Lozère .
On a vu les Vendéens à Sauraur, maîtres ducours de la Loire , et pouvant, s’ils avaient appré-cié leur position, faire sur Paris une tentative quieût peut-être réussi, car la Flèche et le Mans étaient sans aucun moyen de résistance. Le jeuneBonchamps, qui portait seul ses vues au delà dela Vendée , aurait voulu qu’on fit une incursion enBretagne , pour se donner un port sur l’Océan, etmarcher ensuite sur Paris . Mais il n’y avait pasassez de génie chez ses compagnons d’armes pourqu’il fût compris. La véritable capitale sur laquelled fallait marcher, selon eux, c’était Nantes : nileur esprit ni leurs vœux n’allaient au delà. Il yavait cependant plusieurs raisons d’en agir ainsi ;car Nantes ouvrait les communications avec lanier, assurait la possession de tout le pays, et rienu’empêchait les Vendéens, après la prise de cetteville, de tenter des projets plus hardis: d’ailleurs,Us n’arrachaient pas leurs soldats de chez eux,considération importante avec des paysans qui nevoulaient jamais perdre leur clocher de vue. Cha-rité, maître de la basse Vendée , après avoir faitu ne fausse démonstration sur les Sables, s’étaitemparé de Machecoul, et se trouvait aux portesde Nantes . Il ne s’était jamais concerté avec leschefs de la haute Vendée , mais il offrait cette foisde s’entendre avec eux. Il promettait d’attaquerNantes par la rive gauche, tandis que la grandearmée l’attaquerait par la rive droite, et il sem-blait difficile de ne pas réussir avec un tel con-cours de moyens.
Les Vendéens évacuèrent doncSaumur, descen-dirent vers Angers , et se disposèrent à marcherd Angers sur Nantes , en fdant le long de la rivedroite de la Loire . Leur armée était fort diminuée,Parce que beaucoup de paysans ne voulaient pasRengager dans une expédition aussi longue ; ce-pendant elle se composait encore de trente milleSommes à peu près. Ils nommèrent un generalis-si me, et firent choix du voiturier Catlielineau,Peur flatter les paysans et se les attacher davantage.
de Lescure, blessé, dut rester dans l’intérieurdu pays pour faire de nouveaux rassemblements,P°ur tenir les troupes de Niort en échec, et empê-cher que j e gjége de Nantes ne fût troublé.
Pendant ce temps, la commission des représen-tants séant à Tours demandait des secours à toute monde, et pressait Biron, qui visitait la côte ,e ®e porter en toute hâte sur les derrières des
Vendéens. Ne se contentant même pas de rappelerBiron , elle ordonnait des mouvements en son ab-sence , et faisait marcher vers Nantes toutes lestroupes qu’on avait pu réunir à Saumur . Bironrépondit aussitôt aux instances de la commission.Il consentait, disait-il, au mouvement exécuté sansses ordres, mais il étai t obligé de garder les Sableset La Rochelle , villes plus importantes à ses yeuxque Nantes ; les bataillons de la Gironde , les meil-leurs de l’armée, allaient le quitter, et il fallaitqu’il les remplaçât; il lui était impossible de mou-voir son armée sans lavoir se débander et se livrerau pillage, tant elle était indisciplinée; il pouvaitdonc tout au plus en détacher trois mille hommesorganisés, et il y aurait de la folie, ajoutait-il, àmarcher sur Saumur , et à s’enfoncer' dans le paysavec des forces si peu considérables. Biron écriviten même temps au comité de salut public qu’ildonnait sa démission, puisque les représentantsvoulaient ainsi s’arroger le commandement. Lecomité lui répondit qu’il avait toute raison, queles représentants pouvaient conseiller ou proposercertaines opérations, mais ne devaient pas les or-donner, et que c’était à lui seul à prendre les me-sures qu’il croirait convenables pour conserverNantes, La Rochelle et Niort . Biron n’en fit pasmoins tous ses efforts pour se composer une petitearmée plus mobile, et avec laquelle il pût aller ausecours de la ville assiégée.
Les Vendéens , dans cet intervalle , quittèrentAngers le 27, et se trouvèrent le 28 en vue deNantes . Ils firent une sommation menaçante qui nefut pas même écoutée, et se préparèrent à l’at-taque. Elle devait avoir lieu sur les deux rives,le 29, à deux heures du matin. Canclaux n’avait,pour garder un espace immense, coupé par plu-sieurs bras de la Loire , que cinq mille hommes detroupes réglées, et à peu près autant de gardesnationales. Il fit les meilleures dispositions, etcommuniqua le plus grand courage à la garnison.Le 29, Charette attaqua, à l’heure convenue, ducôté des ponts; mais Catlielineau, qui agissait parla rive droite, et avait la partie la plus difficile del’entreprise, fut arrêté par le poste de Niort , oùquelques cents hommes firent la résistance la plushéroïque. L’attaque retardée de ce côté en devintplus difficile. Cependant les Vendéens se répandi-rent derrière les haies et les jardins, et serrèrentla ville de très-près. Canclaux, général en chef, etBeysser, commandant de la place, maintinrentpartout les troupes républicaines. De son côté,