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Tome I.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

rendre. Les généraux, les représentants, les sol-dats déjà attachés à la place, et convaincus qu’ilsrendaient un grand service en arrêtant l’armée duRhin sur la frontière, repoussèrent toute proposi-tion. Le 3 mai, le roi de Prusse voulut faire prendreun poste delà rive droite vis-à-vis Cassel, celui deKostein. Meunier le défendait. L’attaque, tentéele 3 mai avec une grande opiniâtreté, et recommen-cée le 8, fut repoussée avec une perte considérablepour les assiégeants. Meunier, de son côté, essayal’attaque des îles placées à l’embouchure du Mein;il les prit, les perdit ensuite, et déploya à chaqueoccasion la plus grande audace.

Le 30 mai, les Français résolurent une sortiegénérale sur Marienbourg , où était le roi Frédéric-Guillaume.Favorisés par la nuit, six mille hommespénétrèrent à travers la ligne ennemie, s’empa-rèrent des retranchements, et arrivèrent jusqu’auquartier général. Cependant l’alarme répandue leurmit toute l’armée sur les bras ; ils rentrèrent aprèsavoir perdu beaucoup de leurs braves. Le lende-main, le roi de Prusse, courroucé, fit couvrir laplace de feux. Ce même jour, Meunier faisait unenouvelle tentative sur l’une des îles du Mein. Blesséau genou, il expira, moins de sa blessure que del’irritation qu’il éprouvait d’être obligé de quitterles travaux du siège. Toute la garnison assista àses funérailles; le roi de Prusse fit suspendre le feupendant qu’on rendait les derniers honneurs à cehéros, et le fit saluer d’une salve d’artillerie. Lecorps fut déposé à la pointe du bastion de Cassel,qu’il avait fait élever.

Les grands convois étaient arrivés de Hollande.Il était temps de commencer les travaux du siège.Un officier prussien conseillait de s’emparer de Filede Petersau, dont la pointe remontait entre Casselet Mayence, d’y établir des batteries, de détruirele pont de bateaux et les moulins, et de donnerl’assaut à Cassel, une fois qu’on l’aurait isolé etprivé des secours de la place. 11 proposait ensuitede se diriger vers le fossé où coulait la Zalbach, des’yjetersousla protection des batteries de Petersauqui enfileraient ce fossé, et de tenter un assaut surce front, qui n’était formé que d’une seule enceinte.Le projet était hardi et périlleux, car il fallait dé-barquer à Petersau, puis se jeter dans un fossé aumilieu des eaux et sous le feu du Haupstein ; maisaussi les résultats devaient être très-prompts. Onaima mieux ouvrir la tranchée du côté de la doubleenceinte, et vis-à-vis la citadelle, sauf à faire undouble siège.

Le 16 juin, une première parallèle fut tracée àhuit cents pas de la première enceinte. Les assiégésmirent le désordre dans les travaux; il fallut re-culer. Le 18, une autre parallèle fut tracée beau-coup plus loin, c’est-à-dire à quinze cents pas, etcette distance excita les sarcasmes de ceux quiavaient proposé l’attaque hardie par l’île de Peter-sau. Du 24 au 23, on se rapprocha; on s’établit àhuit cents pas, et on éleva des batteries. Les assié-gés interrompirent encore les travaux et enclouè-rent les canons; mais ils furent enfin repoussés etaccablés de feux continuels. Le 28 et le 29, deuxcents pièces étaient dirigées sur la place, et la cou-vraient de projectiles de toute espèce. Des batteriesflottantes, placées sur le Rhin , incendiaient l’in-térieur de la ville par le côté le plus ouvert, etlui causaient un dommage considérable.

Cependant la dernière parallèle n’était pas en-core ouverte, la première enceinte n’était pas en-core franchie, et la garnison pleine d’ardeur nesongeait point à se rendre. Pour se délivrer desbatteries flottantes, de braves Français se jetaientà la nage, et allaient couper les câbles des bateauxennemis. On en vit un amener à la nage un bateauchargé de quatre-vingts soldats, qui furent faitsprisonniers.

Mais la détresse était au comble. Les moulinsavaient été incendiés, et il avait fallu recourir)pour moudre le grain, à des moulins à bras. Encoreles ouvriers ne voulaient-ils pas y travailler, pai’ 00que l’ennemi, averti, ne manquait pas d’accable*d’obus le lieu où ils étaient placés. D’ailleurs 011manquait presque tout à fait de blé; depuis long'temps on n’avait plus que de la chair de chevaLles soldats mangeaient des rats, et allaient sur I eSbords du Rhin pêcher les chevaux morts quefleuve entraînait. Celte nourriture devint fun fîSteà plusieurs d’entre eux ; il fallut la leur défend rC ’et les empêcher même de la rechercher, en plaÇ a ,

des gardes au bord du Rhin . Un chat valait

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francs ; la chair de cheval mort quarante-cinq ■la livre. Les officiers ne se traitaient pas mieux 1les soldats, et Aubert-Dubayet, invitant à di°son état-major, lui fit servir, comme régal»chat flanqué de douze souris. Ce qu’il y avaltplus douloureux pour cette malheureuse garnis® 1 ^’c’était la privation absolue de toute nouvelle,communications étaient si bien interceptees, 4 .depuis trois mois elle ignorait absolument ce4^se passait en France . Elle avait essayé de fair e fnaître sa détresse, tantôt par une dame qui a