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Tome I.
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CONVENTION NATIONALE (1793).

Mayence n’esl protégée que par une muraille enbriques; mais, du côté de la terre, elle est extrê-mement fortifiée. En partant de la rive, à la hauteurdelà pointe de Petersau, elle est défendue par uneenceinte et par un fossé, dans lequel le ruisseau deZalbacli coule pour se rendre dans le Rhin . A l’ex-trémité de ce fossé, le fort de Haupstein prend lefossé en long, et joint la protection de ses feux àcelle des eaux. A partir de ce point, l’enceinte con-tinue et va rejoindre le cours supérieur du Rhin ;mais le fossé se trouve interrompu, et il est rem-placé par une double enceinte parallèle à la pre-mière. Ainsi, de ce côté, deux rangs de muraillesexigent un double siège. La citadelle, liée à ladoublé enceinte, vient encore en augmenter la force.

Telle était Mayence en 1795, avant même queles fortifications en eussent été perfectionnées. Lagarnison s’élevait à vingt mille hommes, parce quele général Scliaal, qui devait se retirer avec unedivision, avait été rejeté dans la place et n’avait purejoindre l’armée de Custine. Les vivres n’étaientPas proportionnés à cette garnison. Dans l’incerti-tu de de savoir si on garderait ou non Mayence, ons était peu hâté de l’approvisionner. Custine enav ait enfin donné Tordre. Les juifs s’étaient pré-sentés, mais ils offraient un marché astucieux; ilsOublient que tous les convois arrêtés en route par* ennemi leur fussent payés. Rewbell et Merlin ré-insèrent ce marché, de crainte que les juifs nelissent eux-mêmes enlever les convois. Néanmoinsles grains ne manquaient pas, mais on prévoyaitque si les moulins placés sur le fleuve étaient dé-duits, la mouture deviendrait impossible. Lav mnde était en petite quantité, et les fourragesSl,rt °ut étaient absolument insuffisants pour leslr °is mille chevaux de la garnison. L’artillerie seimposait de cent trente pièces en bronze, et de*j 0, xante en fer, qu’on avait trouvées, et qui étaient0rt mauvaises ; les Français en avaient apportéquatre-vingts en bon état. Les pièces de rempartEstaient donc en assez grand nombre, mais lal ) ° u dre n’était pas en quantité suffisante. Le savant^ héroïque Meunier, qui avait exécuté les travauxj e Cherbourg , fut chargé de défendre Cassel et° s Postes de la rive droite; Doyré dirigeait lesr uvaux dans le corps de la place; Aubert-Dubayet^Kléber commandaient les troupes ; les représen-tas Merlin et Rewbell animaient la garnison de( j eUr Présence. Elle campait dans l’intervalle desa Cux enceintes, et occupait au loin des postes très-n cés. Elle était animée du meilleur esprit, avait

grande confiance dans la place, dans ses chefs,dans ses forces; et, de plus, elle savait qu’elle avaità défendre un point très-important pour le salut dela France .

Le général Schœnfeld, campé sur la rive droite,cernait Cassel avec dix mille Hessois. Les Autri-chiens et les Prussiens réunis faisaient la grandeattaque de Mayence. Les Autrichiens occupaient ladroite desassiégeants. En face de ladouble enceinte,les Prussiens formaient le centre de Marienbourg ;là se trouvait le quartier général du roi de Prusse.La gauche, composée encore de Prussiens, campaiten face du Haupstein, et du fossé inondé par leseaux du ruisseau de Zalbach. Cinquante millehommes à peu près composaient cette armée desiège. Le vieux Kalkreuth la dirigeait. Brunswickcommandait le corps d’observation du côté desVosges , où il s’entendait avec Wurmser pour pro-téger cette grande opération. La grosse artilleriede siège manquant, on négocia avec les états deHollande, qui vidèrent encore une partie de leursarsenaux, pour aider les progrès de leurs voisinsles plus redoutables.

L’investissement commença en avril. En atten-dant les convois d’artillerie, l’offensive appartint àla garnison, qui ne cessa de faire les sorties lesplus vigoureuses. Le 11 avril, et quelques joursaprès l’investissement, nos généraux résolurentd’essayer une surprise contre les dix mille Hessois,qui s’étaient trop étendus sur la rive droite. Lè 11,dans la nuit, ils sortirent de Cassel sur trois co-lonnes. Meunier marcha devant lui sur Hochein;les deux autres colonnes descendirent la rive droitevers Biberik; mais un coup de fusil, parti à l’im-proviste dans la colonne du général Schaal, répan-dit la confusion. Les troupes, toutes neuves encore,n’avaient pas l’aplomb qu’elles acquirent bientôtsous leurs généraux. II fallut se retirer. Kléber,avec sa colonne, protégea la retraite de la manièrela plus imposante. Cette sortie valut aux assiégésquarante bœufs ou vaches, qui furent salés.

Le 16, les généraux ennemis voulaient faire en-lever le poste de Weissenau, qui, placé près duRhin et à la droite de leur attaque, les inquiétaitbeaucoup. Les Français , malgré l’incendie du vil-lage , se retranchèrent dans un cimetière ; le re-présentant Merlin s’y plaça avec eux, et, par desprodiges de valeur, ils conservèrent le poste.

Le 26, les Prussiens dépêchèrent un faux par-lementaire, qui se disait envoyé par le général del’armée du Rhin pour engager la garnison à se