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Tome I.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE .

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face au camp de César; le duc d’York commandaitle corps de siège. L’attaque, d’abord projetée surla citadelle, fut ensuite dirigée entre le faubourgde Marly et la porte de Mons. Ce front présentaitbeaucoup de développement, mais il était moinsdéfendu, et fut préféré comme plus accessible. Onse proposa de battre les ouvrages pendant le jour,et d’incendier la ville pendant la nuit, afin d’aug-menter la désolation des habitants et de les ébran-ler plus tôt. La place fut sommée le 14 juin. Legénéral Ferrand et les représentants Cochon etBriest répondirent avec la plus grande dignité. Ilsavaient réuni une garnison de sept mille hommes,inspiré de très-bonnes dispositions aux habitants,dont ils organisèrent une partie en compagnies decanonniers, qui rendirent les plus grands services.

Deux parallèles furent successivement ouvertesdans les nuits des 14 et 19 juin, et armées de bat-teries formidables. Elles causèrent dans la placedes ravages affreux. Les habitants et la garnisonrépondirent à la vigueur de l’attaque, et détruisi-rent plusieurs fois les travaux des assiégeants. Le23 juin surtout fut terrible. L’ennemi incendia laplace jusqu'à midi, sans qu’elle répondit de soncôté; mais à cette heure un feu terrible, parti desremparts, plongea dans les tranchées, y mit la con-fusion, etyreportalaterreuret la mort qui avaientrégné dans la ville. Le 28 juin, une troisième pa-rallèle fut tracée, et le courage des habitants com-mença à s’ébranler. Déjà une partie de cette villeopulente élaitincendiée. Les enfants, les vieillardset les femmes avaient été mis dans les souterrains.La reddition de Condé, qui venait d’être pris parla famine, augmentait encore le découragementdes assiégés. Des émissaires avaient été envoyéspour les travailler. Des rassemblements commen-cèrent à se former et à demander une capitulation.La municipalité partageait les dispositions des ha-bitants et s’entendait secrètement avec eux. Lesreprésentants et le général Ferrand répondirentavec la plus grande vigueur aux demandes quileur furent adressées; et avec le secours de la gar-nison, dont le courage était parvenu au plus hautdegré d’exaltation, ils dissipèrent les rassemble-ments.

Le 23 juillet, les assiégeants préparèrent leursmines et se disposèrent à l’assaut du chemin cou-vert. Par bonheur pour eux, trois globes de com-pression éclatèrent au moment même où les minesde la garnison allaient jouer, et détruire leurs ou-vrages. Us s’élancèrent alors sur trois colonnes,

franchirent les palissades, et pénétrèrent dans lechemin couvert. La garnison effrayée se retirait,abandonnant déjà ses batteries; mais le généralFerrand la ramena sur les remparts. L’artillerie,qui avait fait des prodiges pendant tout le siège,causa encore de grands dommages aux assiégeants,et les arrêta presqu’aux portes de la place. Le len-demain 26, le duc d’York somma le général Ferrandde se rendre, il annonça qu’après la journée écou-lée, il n’écouterait plus aucune proposition, et quela garnison et les habitants seraient passés au fil del’épée. A cette menace, les attroupements devin-rent considérables ; une multitude, où se trouvaienten grand nombre des hommes armés de pistoletset de poignards, entoura la municipalité. Douzeindividus prirent la parole pour tous, et firent leréquisition formelle de rendre la place. Le conseilde guerre se tenait au milieu du tumulte; aucundes membres ne pouvait en'sortir, et ils étaienttous consignés jusqu’à ce qu’ils eussent décidé 1®reddition. Deux brèches, des habitants mal dispo-sés, un assiégeant vigoureux, ne permettaient plu sde résister. La place fut rendue le 28 juillet. Lagarnison sortit avec les honneurs de la guerre, futcontrainte de déposer les armes, mais put rentréeen France , avec la seule condition de ne pas servird’un an contre les coalisés. C’était encore septmille braves soldats qui pouvaient rendre de grandsservices contre les ennemis de l’intérieur. Valen-ciennes avait essuyé quarante et un jours de bom-bardement, et avait été accablée de quatre-vingt'quatre mille boulets, de vingt mille obus, ctquarante-huit mille bombes. Le général et la g ar 'nison avaient fait leur devoir, et l’artillerie s’etaitcouverte de gloire.

Dans ce même moment, la guerre du fédéra-lisme se réduisait à ses deux calamités réelles : ' arévolte de Lyon d’une part, celle de Marseille etde Toulon de l’autre.

Lyon consentait bien à reconnaître la conve 11tion, mais refusait d’obtempérer à deux décrets’celui qui évoquait à Paris les procédures comm cncées contre les patriotes, et celui qui destiti ,nles autorités et ordonnait la formation d’une n° uvelle municipalité provisoire. Les aristocrateschés dans Lyon effrayaient cette ville du ret° l *£de l’ancienne municipalité montagnarde, et, P‘la crainte de dangers incertains, l’entraînaidans les dangers réels d’une révolte ouverte-15 juillet, les Lyonnais firent mettre à mortdeux patriotes Chalier et Riard, et dè sce jour )