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Tome I.
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CONVENTION NATIONALE (1795). ôyi

est déchirée, les riches seront les premières vic-times de la rapacité des tyrans; il n’a pas dit queles patriotes vaincus déchireront et incendierontcelte république plutôt que de la voir passer auxmains de leurs insolents vainqueurs! Voilà ce qu’ilfaut apprendre à ces riches égoïstes. » — « Qu’es-» pérez-vous, ajoute Danton , vous qui ne voulez» rien faire pour sauver la république! Voyez quel» serait votre sort si la liberté succombait? Une» régence dirigée par un imbécile, un roi enfant» dont la minorité serait longue, enfin le morcelle-» ment de nos provinces et un déchirement épou-» vanlable! Oui, riches, on vous imposerait, on» vous pressurerait davantage et mille fois davan-» tage que vous n’aurez à dépenser pour sauver

» votre pays et éterniser la liberté !.La conven-

» lion, ajoute Danton , a dans les mains les fou-» dres populaires; qu’elle en fasse usage et les» lance à la tête des tyrans. Elle a les commissai-» res des assemblées primaires, elle a ses propres» membres; qu’elle envoie les uns et les autres» exécuter un armement général. »

Les projets de loi sont encore renvoyés au co-mité. Le lendemain, les jacobins dépêchent de nou-veau les commissaires des assemblées primaires àla convention. Ceux-ci viennent demander encorettne fois, non un recrutement partiel, mais la levéeen masse, parce que, disent-ils, les demi-mesuressont mortelles, parce que la nation entière estplusfacile à ébranler qu’une partie de ses citoyens !

« Si vous demandez, ajoutent-ils, cent mille sol-n dais, ils ne se trouveront point; mais des mil-» lions d’hommes répondront à un appel général.

1 Qu’il n’y ait aucune dispense pour le citoyen

5 physiquement constitué pour les armes, quel-

6 ques fonctions qu’il exerce; que l’agricultures seule conserve les bras indispensables pour tirer1 de la terre les productions alimentaires : que le» cours du commerce soit arrêté momentanément,

I que toute affaire cesse, que la grande, l’unique

II et universelle affaire des Français , soit de sauver* la république, j

La convention ne peut plus résister à une som-mation aussi pressante. Partageant elle-même 1 en-ll 'aîneraent des pétitionnaires, elle enjoint à sonc °niité de se retirer pour rédiger, dans 1 instantmeme, le projet de la levée en masse. Le comitélev ient quelques minutes après, et présente lem°jet suivant, qui est adopté aumilieud un trans-l'°rt universel :

^R r. I". Le peuple français déclare, par l’organe

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de ses représentants, qu’il va se lever tout entierpour la défense de sa liberté, de sa constitution,et pour délivrer enfin son territoire de ses ennemis.

2. Le comité de salut public présentera demainle mode d’organisation de ce grand mouvementnational.

Par d’autres articles, il était nommé dix-huitreprésentants chargés de se répandre sur toute laFrance , et de diriger les envoyés des assembléesprimaires dans leurs réquisitions d’hommes, dechevaux, de munitions, de subsistances. Cettegrande impulsion donnée, tout devenait possible.Une fois qu’il était déclaré que la France entière,hommes et choses, appartenait au gouvernement,ce gouvernement, suivant le danger, ses lumièreset son énergie croissante, pouvait tout ce qu’il ju-gerait utile et indispensable. Sans doute il ne fallaitpas lever la population en masse , et interromprela production, et jusqu’au travail nécessaire à lanutrition; mais il fallait que le gouvernement pûttout exiger, sauf à n’exiger que ce qui serait suffi-sant pour les besoins du moment.

Le mois d’août fut l’époque des grands décretsqui mirent toute la France en mouvement, toutesses ressources en activité, et qui terminèrent àl’avantage de la révolution sa dernière et sa plusterrible crise.

Il fallait à la fois mettre la population debout,la pourvoir d’armes, et fournir, par une nouvellemesure financière, à la dépense de ce grand dépla-cement; il fallait mettre en rapport le papier-mon-naie avec le prix des subsistances et des denrées ;il fallait distribuer les armées, les généraux, d’unemanière appropriée à chaque théâtre de guerre, etenfin, satisfaire la colère révolutionnaire par degrandes et terribles exécutions. On va voir ce quefit le gouvernement pour suffire à la fois et à cesbesoins urgents et à ces mauvaises passions, qu’ildevait subir, puisqu’elles étaient inséparables del’énergie qui sauve un peuple en danger.

Exiger de chaque localité un contingent déter-miné en hommes ne convenait pas aux circon-stances; coût été douter de l’enthousiasme desFrançais en ce moment, et on devait supposer cetenthousiasme pour 1 inspirer. Cette manière ger-manique d’imposer à chaque contrée les hommescomme l’argent était d’ailleurs en contradictionavec le principe de la levée en masse. Un recrute-ment général par voie de tirage ne convenait pasdavantage. Tout le monde n’étant pas appelé, cha-cun aurait songé alors à s’exempter, et se serait

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