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Tome I.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

la lettre de la constitution, mais bien héroïque etbien observé, si on ne considère que le sol et larévolution elle-même ! Les constitutions en effetont passé, mais le sol et la révolution furent dé-fendus avec une constance héroïque.

Après cette cérémonie, les quatre-vingt-sixdoyens d’âge remettent leurs piques au président ;celui-ci en forme un faisceau, et le confie, avecl’acte constitutionnel, aux députés des assembléesprimaires, en leur recommandant de réunir toutesleurs forces autour de l’arche de la nouvelle al-liance. On se sépare ensuite; une partie du cor-tège accompagne l’urne cinéraire des Françaismorts pour la patrie, dans un temple destiné à larecevoir; le reste va déposer l’arche de la constitu-tion dans un lieu où elle doit rester en dépôt jus-qu’au lendemain, pour être rapportée ensuite dansla salle de la convention. Une grande représenta-tion, figurant le siège et le bombardement de Lille ,et la résistance héroïque de ses habitants, occupele reste de la journée, et dispose l’imagination dupeuple aux scènes guerrières.

Telle fut cette troisième fédération delà France républicaine. On n’y voyait pas, comme en 1790,toutes les'classes d’un grand peuple, riches etpauvres, nobles et roturiers, confondus un instantdans une même ivresse, et fatigués de se haïr, separdonnant pour quelques heures leurs différencesde rang et d’opinion; on y voyait un peuple im-mense, ne parlant plus de pardon, mais de danger,de dévouement, de résolutions désespérées, et jouis-sant avec ivresse de ces pompes gigantesques, enattendant de courir le lendemain sur les champsde bataille. Une circonstance relevait le caractèrede cette scène, et couvrait ce que les esprits dé-daigneux ou hostiles pourraient y trouver de ridi-cule, c’est le danger et l’entraînement avec lequelon le bravait. Au premier 14 juillet 1790, la ré-volution était innocente encore et bienveillante,mais elle pouvait n’être pas sérieuse, et être miseà fin comme une farce ridicule, par les baïonnettesétrangères; en août 1793, elle était tragique, maisgrande, signalée par des victoires et des défaites,et sérieuse comme une résolution irrévocable ethéroïque.

Le moment de prendre de grandes mesures étaitarrivé. De toutes parts fermentaient les idées lesplus extraordinaires : on proposait d’exclure tousles nobles des emplois, de décréter l’emprisonne-ment général des suspects, contre lesquels iln existait pas encore de loi assez précise, de faire

lever la population en masse, de s’emparer detoutes les subsistances, de les transporter dansles magasins de la république, qui en ferait elle -même la distribution à chaque individu ; on cher*chait enfin, sans savoir l’imaginer, un moyen qn 1fournît sur-le-champ des fonds suffisants. On exi'geait surtout que la convention restât en fonctions,qu’elle ne cédât pas ses pouvoirs à la nouvellelégislature qui devait lui succéder, et que la con'stitution fût voilée comme la statue de la loi, juS'qu’à la défaite générale des ennemis de la répU'blique.

C’est aux Jacobins que furent successivementproposées toutes ces idées. Robespierre ne cher-chant plus à modérer l’élan de l’opinion, l’excitantau contraire, insista particulièrement sur la néceS'sité de maintenir la convention nationale dans se sfonctions, et il donnait là un sage conseil. D 1 *'soudre dans ce moment une assemblée qui éta‘tsaisie du gouvernement tout entier, dans le sd nde laquelle les divisions avaient cessé, et la rem-placer par une assemblée neuve, inexpérimentée,et qui serait livrée encore aux factions, était et*projet désastreux. Les députés des provinces, en 'tourantRobespierre, s’écrièrent qu’ils avaient ju* -ede rester réunis jusqu’à ce que la convention eûtpris des mesures de salut public, et ils déclarè-rent qu’ils l’obligeraient de rester en fonctions-Audoin, gendre de Pache, parla ensuite, et pr 0 'posa de demander la levée en masse et l’arrestationgénérale des suspects. Aussitôt, les commissairesdes assemblées primaires rédigent une pétition»et, le lendemain 12, viennent la présentera*convention. Ils demandent que la convention secharge de sauver elle-même la patrie, qu’aucnn®amnistie ne soit accordée, que les suspects soi®** 1arrêtés, qu’ils soient envoyés les premiers à l’ el1 'nemi, et que le peuple levé en masse mar®!*®derrière eux. Une partie de ces propositions eadoptée. L’arrestation des suspects est décrété®en principe; mais le projet d’une levée en masse»qui paraissait trop violent, est renvoyé à rexam e)ldu comité de salut public. Les jacobins, P eU satisfaits, insistent, et continuent de répéter d aleur club qu’il ne faut pas un mouvement par* 1 ’mais universel.

Les jours suivants, le comité fait son rapp° r ’et propose un décret trop vague, et des proclamalions trop froides. . jj

« Le comité, s’écrie Danton, n’a pas tout dit •

n’a pas dit que si la France est vaincue, que

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