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RÉVOLUTION FRANÇAISE.
suyée par la division de Luçon était arrivée à Sau-mur; Rossignol, Ronsin et tout l’état-major avaientpris l’alarme; et, craignant qu’il n’arrivât de sem-blables accidents aux deux autres colonnes de Niort et des Sables, dont ils suspectaient la force, ilsdécidèrent de les faire rentrer sur-le-champ dansleurs premiers postes. Cet ordre était des plus im-prudents; cependant il n’était pas donné de mau-vaise foi et dans l’intention de découvrir Canclauxet d’exposer ses ailes ; mais on avait peu de confianceen son plan, on était très-disposé, au moindreobstacle, à le juger impossible, et à l’abandonner.C’est là sans doute ce qui détermina l’état-majorde Saumur à ordonner le mouvement rétrogradedes colonnes de Niort, de Luçon et des Sables.
Canclaux, poursuivant sa marche, avait fait denouveaux progrès ; il avait attaqué Montaigu surtrois points ; Kléber, par la route de Nantes ,Aubert-Dubayet, par celle de Roche-Servière, etBeysser, par celle de Saint-Fulgent, s’y étaientprécipités à la fois, et en avaient bientôt délogél’ennemi. Le 17, Canclaux prit Clisson; et, nevoyant pas encore agir Rossignol, il résolut des’arrêter et de se borner à des reconnaissances, enattendant de nouveaux renseignements.
Canclaux s’établit donc aux environs de Clisson,laissa Beysser à Montaigu, et porta Kléber avecl’avant-garde à Torfou. On était là le 8. Le contre-ordre donné de Saumur était arrivé à la divisionde Niort , et avait été communiqué aux deux autresdivisions de Luçon et des Sables; sur-le-champelles s’étaient retirées, et avaient jeté, par leurmouvement rétrogradé, les Vendéens dans l’éton-nement, et Canclaux dans le plus grand embarras.Les Vendéens étaient environ cent mille sous lesarmes. Un nombre immense d’entre eux se trouvaitdu côté de Vihiers et de Chemillé, en face descolonnes de Saumur et d’Angers ; un nombre plusconsidérable encore du côté de Clisson et de Mor-tagne, sur Canclaux. Les colonnes d’Angers et deSaumur , en les voyant si nombreux, disaient quec’était l’armée de Mayence qui les leur rejetait surles bras, et se plaignaient de ce plan qui les expo-sait à recevoir un ennemi si formidable. Cependantil n’en était rien, et les Vendéens étaient partoutdebout en assez grand nombre pour occuper lesrépublicains sur tous les points. Ce jour même,loin de se jeter sur les colonnes de Rossignol,ils marchaient sur Canclaux : d’Elbée et Lescurequittaient la haute Vendée pour joindre l’arméede Mayence.
Par une singulière complication d’événements,Rossignol, en apprenant les succès de Canclaux,qui avait pénétré jusqu’au centre de la Vendée ,contremande ses premiers ordres de retraite, etenjoint à ses colonnes de se reporter en avant. Lescolonnes de Saumur et d’Angers , placées à saportée, agissent les premières, et escarmouchent,l’une à Doué, l’autre aux ponts de Cé. Les avan-tages sont balancés. Le 18, celle de Saumur , com-mandée par Santerre, veut s’avancer de Vihiers àun petit village nommé Coron. Artillerie, cavalerie,infanterie, se trouvent, par de mauvaises disposi-tions, accumulées confusément dans les rues de cevillage qui était dominé. Santerre veut réparercette faute et faire reculer les troupes pour lesmettre en bataille sur une hauteur; mais Ronsin,qui, en l’absence de Rossignol, s’attribuait uneautorité supérieure, reproche à Santerre d’ordon-ner la retraite, et s’y oppose. Dans ce moment, lesVendéens fondent sur les républicains, un horribledésordre se communique à toute la division. Il s’ytrouvait beaucoup d’hommes du nouveau contin-gent levé avec le tocsin; ceux-ci se débandent;tout est entraîné et fuit confusément, de Coron àVihiers, à Doué et à Saumur . Le lendemain 19,les Vendéens marchent contre la division d’Angers ,commandée par Duhoux. Aussi heureux que laveille, ils repoussent les républicains jusqu’audelà d’Ërigné, et s’emparent de nouveau des pontsde Cé.
Du côté de Canclaux, on se bat avec la mêmeactivité. Le même jour, vingt mille Vendéens,placés aux environs de Torfou, fondent sur l’avant-garde de Kléber, composée tout au plus de deuxmille hommes. Kléber se place au milieu de scssoldats, et les soutient contre cette foule d’assail-lants. Le terrain sur lequel il se bat est un chemindominé par des hauteurs; malgré le désavantagede la position, il ne se retire qu’avec ordre et fer-meté. Cependant, une pièce d’artillerie ayant étédémontée, un peu de confusion se répand dansses bataillons, et ces braves plient pour la premièrefois. A cette vue, Kléber, pour arrêter l’enneint»place un officier avec quelques soldats auprès d unpont, et leur dit : Mes amis, vous vous f&’ e *tuer. Us exécutent cet ordre avec un admirablehéroïsme. Sur ces entrefaites, le corps de bataillearrive, et rétablit le combat; les Vendéens sontenfin repoussés bien loin, et punis de leur avantagepassager.
Tous ces événements s’étaient passés le I