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l’ordre de se reporter en avant, qui avait si malréussi aux deux divisions de Saumur et d’Angers ,n’était pas encore parvenu, à cause des distances,aux colonnes de Luçon et de Niort . Beysser étaittoujours à Montaigu, formant la droite de Can-claux et se trouvant découvert. Canclaux voulantmettre Beysser, à l’abri, lui ordonna de quitterMontaigu et de se rapprocher du corps de bataille.Il enjoignit à Kléber de s’avancer du côté de Beysserpour protéger son mouvement. Beysser, trop né-gligent, avait laissé sa colonne mal gardée dansMontaigu. MM. de Lescure et Charette la surpri-rent, et l’auraient anéantie sans la bravoure dedeux bataillons qui, par leur opiniâtreté, arrêtè-rent la rapidité de la poursuite et de la retraite.L’artillerie et les bagages furent perdus, et les dé-bris de cette colonne coururent à Nantes , où ilsfurent reçus par la brave réserve laissée pour pro-téger la place. Canclaux résolut alors de rétro-grader, pour ne pas rester en flèche dans le pays,exposé à tous les coups des Vendéens. Il se repliaen effet sur Nantes avec ses braves Mayençais, quine furent pas entamés, grâce à leur attitude impo-sante, et au refus de Charette, qui ne voulut passe réunir à MM. d’Elbée et de Bonchamps dans lapoursuite des républicains.
La cause qui empêcha le succès de cette nouvelleexpédition sur la Vendée est évidente. L’état-major de Saumur avait été mécontent du plan quiadjugeait la colonne de Mayence àCanclaux; l’échecdu 5 septembre fut pour lui un prétexte suffisantde se décourager, et de renoncer à ce plan. Uncontre-ordre fut aussitôt donné aux colonnes desSables, de Luçon et de La Rochelle . Canclaux,9ui s’était avancé avec succès, se trouva ainsi dé-couvert, et l’échec de Torfou rendit sa position en-core plus difficile. Cependant l’armée de Saumur ,en apprenant ses progrès, marcha de Saumur etd’Angers , à Vihiers etChemillé, et si elle ne s’étaitpas sitôt débandée, il est probable que la retraitedes ailes n’aurait pas empêché le succès définitifde l’entreprise. Ainsi, trop de promptitude à re-noncer au plan proposé, la mauvaise organisationdes nouvelles levées, et la puissance des Vendéens,9 u i étaient plus de cent mille sous les armes, fu-re nt les causes de ces nouveaux revers. Mais iln y avait ni trahison de la part de l’état-majorde Saumur , ni de vice dans le plan de Canclaux.
^ effet de ces revers était funeste, car la nouvelleïe sistance de la Vendée réveillait toutes les espé-r ances des contre-révolutionnaires, et aggravait
singulièrement les périls de la république. Enfin,si les armées de Brest et de Mayence n’en étaientpas ébranlées, celle de La Rochelle se trouvaitencore une fois désorganisée, et tous les contin-gents, provenant de la levée en masse, rentraientdans leurs foyers, en y portant le plus grand dé-couragement.
Les deux partis de l’armée s’empressèrent aus-sitôt de s’accuser. Philippeaux , toujours plus ar-dent, écrivit au comité de salut, public une lettrebouillante d’indignation, où il attribua à une tra-hison le contre-ordre donnéaux colonnes de l’arméede La Rochelle . Choudieu et Richard, commis-saires à Saumur , écrivirent des réponses injurieu-ses, et Ronsin courut auprès du ministre et ducomité de salut public pour dénoncer les vices duplan de campagne. Canclaux, dit-il, faisant agirdes masses trop fortes dans la basse Vendée , avaitrejeté sur la haute Vendée toute la population in-surgée, et avait amené la défaite des colonnes deSaumur et d’Angers . Enfin, rendant calomniespour calomnies, Ronsin répondit au reproche detrahison par celui d’aristocratie, et dénonça à lafois les deux armées de Brest et de Mayence commeremplies d’hommes suspects et malintentionnés.Ainsi s’envenimait toujours davantage la querelledu parti jacobin contre le parti qui voulait la dis-cipline et la guerre régulière.
L’inconcevable déroute de Menin, l’inutile etmeurtrière tentative sur Pirmasens , les défaitesaux Pyrénées orientales , la fâcheuse issue de lanouvelle expédition sur la Vendée , furent connuesà Paris presque en même temps, et y causèrent laplus funeste impression. Ces nouvelles se répan-dirent successivement du 18 au 25 septembre, et,suivant l’usage, la crainte excita la violence. On adéjà vu que les plus ardents agitateurs se réunis-saient aux Cordeliers, où l’on s’imposait encoremoins de réserve qu’aux Jacobins, et qu’ils ré-gnaient au ministère de la guerre sous le faibleBouchotte. Vincent était leur chef à Paris , commeRonsin dans la Vendée , et ils saisirent celle occa-sion de renouveler leurs plaintes accoutumées.Placés en-dessous de la convention, ils auraientvoulu écarter son autorité incommode, qu’ils ren-contraient aux armées dans la personne des repré-sentants, et à Paris dans le comité de salut public.Les représentants en mission ne leur laissaient pasexécuter les mesures révolutionnaires avec toutela violence qu’ils désiraient y mettre; le comité desalut public, réglant souverainement toutes les