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Tome I.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

en arrestation. On fit ce qu’il voulut; les portes dela salle furent aussilôtinterdites, les soixante-treizearrêtés, et injonction faite à Fouquier-Tinville des’emparer des malheureux girondins . Ainsi la con-vention, toujours plus docile, se laissa arracher

l’ordre d’envoyer à la mort une partie de ses col-lègues. À la vérité, elle ne pouvait plus différer,car les jacobins avaient fait cinq pétitions pl uSimpérieuses les unes que les autres, pourobtenii'ces derniers décrets d’accusation.

CHAPITRE XXVIII.

Continuation du siège de T.yon. Prise de cette ville. Décret terrible contre les Lyonnais révoltés. — Progrès de Part de laguerre; influence de Carnot. — Victoire de Watiguies. Déblocus de Maubeuge. —Reprise des opérations en Vendée .Victoire de Cbollet. Fuite et dispersion des Vendéens au delà de la Loire , Mort de la plupart de leurs principaux chefs*— Échec sur le Rhin. Perte des lignes de Wissembourg .

Chaque revers réveillait l’énergie révolution-naire, et cette énergie ramenait les succès. Il enavait toujours été ainsi pendant cette campagnemémorable. Depuis la défaite de Neônvinden jus-qu’au mois d’août, une série continuelle de désas-tres avait enfin provoqué des efforts désespérés.L’anéantissement du fédéralisme, la défense deNantes , la victoire d’Hondlschoote, le déblocus deDunkerque , avaient été le résultat de ces efforts.De nouveaux revers à Menin, à Pirmasens , auxPyrénées, à Torfou et Coron dans la Vendée , ve-naient d’exciter un nouveau redoublement d’éner-gie, qui devait amener des succès décisifs sur tousles théâtres de la guerre.

Le siège de Lyon était, de toutes les opérations,celle dont on attendait la fin avec le plus d’impa-tience. Nous avons laissé Dubois-Crancé campé de-vant cette ville, avec cinq mille hommes de troupesréglées, et sept à huit mille réquisitionnaires. IIétait menacé d’avoir bientôt sur ses derrières lesSardes que la faible armée des grandes Alpes nepouvait plus arrêter. Comme nous avons déjà dit,il s’était placé au nord, entre la Saône et le Rhône ,en présence des redoutes de la Croix-Rousse, etnon sur les hauteurs de Sainte-Foy et de Four-vières, situées à l’ouest, et par lesquelles on auraitdû diriger la véritable attaque. Le motif de cettepréférence était fondé sur plus d’une raison. Ilimportait avant tout de rester en communicationavec la frontière des Alpes , où se trouvait le grosde l’armée républicaine, et d’où les Piémontaispouvaient venir au secours des Lyonnais . On avaitencore l’avantage, dans celle position, d’occuper le

cours supérieur des deux fleuves, et d’intercept erles vivres qui descendaient la Saône et le Rhône *Il est vrai que l’ouest restait ainsi ouvert aux Lyon-nais , et qu’ils pouvaient faire des excursions con-tinuelles vers Saint-Étienne et Montbrison ; maistous les jours on annonçait l’arrivée des contin-gents du Puy-de-Dôme , et une fois ces nouvelle®réquisitions réunies, Dubois-Crancé pouvait ache-ver le blocus du côté de l’ouest, et choisir alors I evéritable point d’attaque. En attendant, il se con-tentait de serrer l’ennemi de près, de canonner 1®Croix-Rousseau nord, et de commencer ses lignesà l’est, devant le pont de la Guillotière. Le trans-port des munitions était difficile et lent; il fall alt

les faire venir de Grenoble , du fort Barreaux,

de

Briançon, d’Embrun , et leur faire parcourir a* n f ljusqu’à soixante lieues de montagnes. Ces charroiextraordinaires ne pouvaient avoir lieu que P alvoie de réquisition forcée, et en mettant en m oUvement cinq mille chevaux ; car on avait à tran®^porter devant Lyon quatorze mille bombes, tren tequatre mille boulets, trois cents milliers de poud re ’huit cent mille cartouches, et cent trente boucnà f eu. , a

Dès les premiers jours du siège, on annonÇ® 1 ^marche des Piémontais qui débouchaient du v ^Saint-Bernard et du mont Cénis. Kellermann P ar ^aussitôt, sur les pressantes instances dument de l’Isère , et laissa le général Dumuyle remplacer à Lyon . Du reste, Dumuy ne le rplaçai t qu’en apparence, car Dubois-Crancé , r l ^sentant et ingénieur habile, dirigeait lui seul toles opérations du siège. Pour hâter la levcc