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Tome I.
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CONVENTION NATIONALE (1793).

réquisitions du Puy-de-Dôme, Dubois-Crancé dé-tacha le général Nicolas avec un petit corps de ca-valerie; mais celui-ci fut enlevé dans le Forez , etlivré aux Lyonnais. Dubois-Crancé y envoya alorsmille hommes de bonnes troupes, avec le repré-sentant Javognes. La mission de celui-ci fut plusheureuse; il contint les aristocrates de Montbrison et de Saint-Étienne , et fit lever environ sept à huitmille paysans, qu’il amena devant Lyon. Dubois-Crancé les plaça au pont d’Oullins , situé au nord-ouest de Lyon , et de manière à gêner les commu-nications de la place avec le Forez . 11 fit approcherle député Reverchon, qui, à Mâcon , avait réuniquelques mille réquisitionnaires, et les plaça sur lehaut de la Saône tout à fait au nord. De celte ma-nière, le blocus commençait à être un peu plusrigoureux; mais les opérations étaient lentes, etles attaques de vive force impossibles. Les fortifi-cations de la Croix-Rousse, entre Rhône et Saône ,devant lesquelles se trouvait le corps principal, nepouvaient être emportées par un assaut. Du côtéde l’est et de la rive gauche du Rhône , le pontMorand était défendu par une redoute en fer àcheval, très-habilement construite. A l’ouest, leshauteurs décisives de Sainte-Foy et Fourvières nePouvaient être enlevées que par une armée vigou-reuse, et pour le moment il ne fallait songer qu’àintercepter les vivres, à serrer la ville, et à l’incen-dicr. Depuis le commencement d’août jusqu’aumilieu de septembre, Dubois-Crancé n’avait pufaire autre chose, et à Paris on se plaignait de scslenteurs sans vouloir en apprécier les motifs. Ce-pendant il avait causé de grands dommages à cettemalheureuse cité. L’incendie avait dévoré la ma-gnifique place de Rellecour, l’arsenal, le quartierSaint-Clair, le port du Temple, et avait endommagésurtout le bel édifice de l’hôpital, qui s’élève simajestueusement sur la rive du Rhône . Les Lyon-nais n’en résistaient pas moins avec la plus grandenpiniàtreté. On avait répandu parmi eux la nou-velle que cinquante mille Piémontais allaient dé-boucher sur leur ville; l’émigration les comblaitpromesses, sans venir cependant se jeter aumilieu d’eux, et ces braves commerçants, sincère-ment républicains, étaient, par leur fausse position,Vmluits à désirer le secours funeste et honteux deémigration et de l’étranger. Leurs sentimentséclatèrent plus d’une fois d’une manière non équi-'°-P'e. Précy, ayant voulu arborer le drapeaula «c, en avait bientôt senti l’impossibilité. UnPapier obsidional ayant été créé pour les besoins

du siège, et des fleurs de lis se trouvant sur lefiligrane de ce papier, il fallut le détruire et enfabriquer un autre. Ainsi les Lyonnais étaient ré-publicains; mais la crainte des vengeances de laconvention, et les fausses promesses de Marseille ,de Bordeaux, de Caen , et surtout de l’émigration,les avaient entraînés dans un abîme de fautes etde malheurs!

Tandis qu’ils se nourrissaient de l’espoir de voirarriver cinquante mille Sardes, la convention avaitordonné aux représentants Couthon, Maignet etChâteauneuf-Randon, de se rendre en Auvergneet dans les départements environnants, pour y dé-terminer une levée en masse, et Kellermann cou-rait dans les vallées des Alpes au-devant des Pié-montais.

Une belle occasion s’offrait encore ici aux Pié-montais d’effectuer une tentative hardie et grande,qui n’aurait pu manquer d’être heureuse : c’étaitde réunir leurs principales forces sur le petitSaint-Bernard, et de déboucher sur Lyon aveccinquante mille hommes. On sait que les troisvallées de Sallenche, de laTarentaiseet de la Mau-rienne , adjacentes Tune à l’autre, tournent surelles-mêmes comme une espèce de spirale, et quepartant du petit Saint-Bernard , elles s’ouvrent surGenève, Chambéry, Lyon et Grenoble . De petitscorps français étaient éparpillés dans ces vallées.Descendre rapidement par Tune d’elles, et venirse placer à leur ouverture, était un moyen assuré,d’après tous les principes de l’art, de faire tomberles détachements engagés dans les montagnes, etde leur faire mettre bas les armes. On devait peucraindre l’attachement des Savoyards pour lesFrançais ; car les assignats et les réquisitions neleur avaient encore fait connaître de la liberté queses dépenses et ses rigueurs. Le ducdeMontferrat,chargé de l’expédition, ne prit avec lui que vingt àvingt-cinq mille hommes, jeta un corps à sa droite,dans la vallée de Sallenche, descendit avec soncorps principal dans la Tarentaise , et laissa legénéral Gordon parcourir la Maurienne avec l’ailegauche. Son mouvement, commencé le 14 août,dura jusqu en septembre, tant il y mit de lenteur,Les Français , quoique très-inférieurs en nombre,opposèrent une résistance énergique, et firentdurer la retraite pendant dix-huit jours. Arrivé àMouslier, le duc de Montferrat chercha à se lieravec Gordon, sur la chaîne du Grand-Loup, quisépare les deux vallées de la Tarentaise et de laMaurienne , et ne songea nullement à marcher ra-

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