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RÉVOLUTION FRANÇAISE.
de passer sur la rive droite. Cependant l’avis con-traire prévalut, et on se décida à rester réunis et àpasser outre. Mais Bonehamps venait d’expirer, etpersonne n’était capable d’accomplir les projetsqu’il avait formés sur la Bretagne. D’Elbée , mou-rant, était envoyé àNoirmouliers; Lescure, blesséà mort, était transporté sur un brancard. Quatre-vingt mille individus quittaient leurs champs,allaient porter le ravage dans les champs voisins,et y chercher l’extermination, pour quel but,grand Dieu ! pour une cause absurde et de toutesparts délaissée ou hypocritement défendue! Tandisque ces infortunés s’exposaient généreusement àtant de maux, la coalition songeait à peine à eux,les émigrés intriguaient dans les cours, quelques-uns seulement se battaient bravement sur le Rhin ,mais dans les rangs des étrangers; et personne en-core n’avait songé à envoyer ni un soldat, ni unécu à cette malheureuse Vendée , déjà signalée parvingt combats héroïques, et aujourd’hui vaincue,fugitive et désolée.
Les généraux républicains se réunirent à Beau-préau, et là on résolut de se diviser, et de se rendrepartie à Nantes et partie à Angers , pour empêcherun coup de main sur ces deux places. L’avis desreprésentants, non partagé pourtant par Kléber,fut que la Vendée était détruite. La Vendée n’estplus, écrivirent-ils à la convention. On avait donnéjusqu’au 20 octobre à l’armée pour en finir, et elleavait terminé le 18. L’armée du Nord avait, lemême jour, gagné la bataille de Watignies, et avaitterminé la campagne en débloquant Maubeuge .Ainsi, de toutes parts, la convention semblaitn’avoir qu’à décréter la victoire pour l’assurer.L’enthousiasme fut au comble à Paris et dans toutela France , et on commença à croire qu’avant la finde la saison la république serait victorieuse de tousles trônes conjurés contre elle.
Un seul événement pouvait troubler cette joie,c’était la perte des lignes de Wissembourg sur leRhin , qui avaient été forcées le 13 et le 14 octo-bre. Après l’échec de Pirmasens , nous avons laisséles Prussiens et les Autrichiens en présence deslignes de la Sarre et de la Lauter , et menaçant àchaque instant de les envahir. Les Prussiens, ayantinquiété les Français sur les bords de la Sarre,les obligèrent à se replier. Le corps des Vosges ,rejeté au delà d’Hornbach, se retira fort en arrièreà Bitche , dans le centre des montagnes; l’arméede la Moselle, repoussée jusqu’à Sarreguemines ,fut séparée du corps des Vosges et de l’armée du
Rhin. Dans cette position, il devenait facile auxPrussiens, qui avaient, sur le revers occidental,dépassé la ligne commune de la Sarre et de laLauter, de détourner les lignes de Wissembourg par leur extrême gauche. Alors ces lignes devaienttomber nécessairement. C’est ce qui arriva le13 octobre. La Prusse et l’Autriche , que nousavons vues en désaccord, s’étaient enfin enten-dues; le roi de Prusse s’était rendu en Pologne ,et avait laissé le commandement à Brunswick,avec ordre de se concerter avec Wurmser . Du 13au 14 octobre, tandis que les Prussiens mar-chaient le long de la ligne des Vosges jusqu’àBitche , bien au delà de la hauteur de Wisseni-bourg, Wurmser devait attaquer les lignes de laLauter sur sept colonnes. La première, sous leprince de Waldeck, chargée de passer le Rhin àSeltz , et de tourner Lauterbourg, rencontra, dansla nature des lieux et le courage d’un demi-batail-lon des Pyrénées , des obstacles invincibles; laseconde, bien qu’elle eût passé les lignes au-des-sous de Lauterbourg, fut repoussée; les autres,après avoir obtenu au-dessus et autour de W’is-sembourg des avantages balancés par la résistancevigoureuse des Français , s’emparèrent cependantde Wissembourg , Nos troupes se retirèrent surle poste du Geisberg, placé un peu en arrière deWissembourg , et beaucoup plus difficile à empor-ter. On ne pouvait pas regarder encore les lignesde Wissembourg comme tout à fait perdues ; nia< s
la nouvelle de la marche des Prussiens sur le re-vers occidental, obligea le général français à sereplier sur Haguenau et sur les lignes de la Lau-ter, et à céder ainsi une partie du territoire au*coalisés. Sur ce point, la frontière était donc en-vahie; mais les succès du Nord et de la Vende®couvrirent l’effet de celte mauvaise nouvelle. U®envoya Saint-Just et Lebas en Alsace , pour con-tenir les mouvements que la noblesse alsacienn eet les émigrés excitaient à Strasbourg . On dirig® 3de ce côté des levées nombreuses, et on se consol®par la résolution de vaincre sur ce point con>n ,esur tous les autres.
Les craintes affreuses qu’on avait conçues d allSle mois d’août, avant les victoires d’Hondtschoo 1 ®et de Watignies, avant la prise de Lyon et la retraite des Piémontais au delà des Alpes , avant 1® Ssuccès de la Vendée , étaient dissipées. On voy alt ’dans ce moment, la frontière du Nord, la P^ uSimportante et la plus menacée, délivrée de 1 e "nemi, Lyon rendu à la république, la Vende®