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Tome II.
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CONVENTION NATIONALE (1795).

Justine ei de Houchard, durenl être incessamment.î«gés. Sans doute, il n'était pas besoin d’un decretla convention pour que ces victimes fussentimmolées par le tribunal révolutionnaire; mats ces oin de bâter leur supplice était une preuve que legouvernement ne faiblissait pas. Robespierre pro-posa en outre d’augmenter d’un tiers les récom-penses territoriales promises aux défenseurs dela patrie.

Après ce rapport, Barrère fut chargé d’en faireun autre sur les arrestations qu’on disait chaquejour plus nombreuses, et de proposer les moyensde vérifier les motifs de ces arrestations. Le but dece rapport était de répondre, sans qu’il y parût, auVieux Cordelicr de Camille Desmoulins , et à saproposition d’un comité de clémence. Barrère traitaavec sévérité les Traductions des orateurs anciens,et proposa néanmoins de nommer une commissionpour vérifier les arrestations, ce qui ressemblaitfort au comité de clémence imaginé par Camille.Cependant, sur les observations de quelques-unsde ses membres, la convention crut devoir s’entenir à ses décrets précédents, qui obligeaient lescomités révolutionnaires à adresser au comité desûreté générale les motifs des arrestations, et per-mettaient aux détenus de réclamer auprès de cedernier comité,

Le gouvernement poursuivait ainsi sa marcheentre les deux partis qui se formaient, inclinantsecrètement pour le parti modéré, mais craignanttoujours de le laisser trop apercevoir. Pendant cetemps, Camille publia un numéro plus fort encoreque les précédents, et qui était adressé aux jaco-bins. Il 1 intitula : Ma Défense; et c’était la plushardie et la plus terrible récrimination contre sesadversaires.

A propos de sa radiation desCordeliers, il disait :

« Pardon, frères et amis, si j’ose prendre encore” le titre de vieux cordelicr, après l’arrêté du club» qui me défend de me parer de ce nom. Mais, en• » vérité, c’est une insolence si inouïe que celle de» petits-fils se révoltant contre leur grand-père, et» lui défendant de porter son nom, que je veux>* plaider cette cause contre ces fils ingrats. Je» veux savoir à qui le nom doit rester, ou au» grand-papa, ou à des enfants qu’on lui a faits,» dont il n’a jamais ni reconnu ni même connu la» dixième partie, et qui prétendent le chasser du» parlernel logis! »

Ensuite il explique ses opinions. « Le vaisseau» tle la république vogue entre deux écueils, le

» rocher de l’exagération et le banc de sable du» modérantisme. Voyant que le Père Duchesne» et presque toutes les sentinelles patriotes se» tenaient sur le tillac, avec leur lunette, occupés» uniquement à crier : Gare! vous touchez au mo-» dérantisme ! il a bien fallu que moi, vieux cor-» delier et doyen des jacobins, je me chargeasse» de faire la faction difficile, et dont aucun des» jeunes gens ne voulait, crainte de se dépopula-» riscr, celle de crier : Gare! vous allez loucher à» l’exagération! Et voilà l’obligation que doiventv m’avoir tous mes collègues de la convention,

» celle d’avoir exposé ma popularité même, pour» sauver le navire où ma cargaison n’était pas plus» forte que la leur. »

Il se justifie ensuite de de propos qui lui avaitété si reproché : Vincent Pitt gouverne GeorgeRoucholle. « J’ai bien, dit-il, appelé Louis XVI » mon gros benêt de roi, en 1787, sans être em-» bastillé pour cela. Boucholle serait-il un plus» grand seigneur? »

Il passe ensuite ses adversaires en revue ; il dità Collot-d’Herbois que si lui, Desmoulins , a sonDillon, lui Collot a son Brunet, son Proli, qu’il adéfendus tous les deux. Il dit à Barrère : « On ne» se reconnaît plus à la Montagne; si c’était un» vieux cordelier comme moi, un patriote recti-» ligne, Billaud-Varennes, par exemple, qui m’eût» gourmandé si durement, sustinuissem utique ;

» j’aurais dit : C’est le soufflet du bouillant saint» Paul au bon saint Pierre qui a péché ! Mais loi,

» mon cher Barrère, loi l’heureux tuteur de Pa-» mêla *! toi le président des feuillants, qui as» proposé le comité des Douze! loi qui, le 2 juin,

» mettais en délibération dans le comité de salut» public si on n’arrêterait pas Danton ! toi dont je» pourrais relever bien d’autres fautes, si je vou-» lais fouiller le vieux sac ** *** , que tu deviennes» tout à coup un ■passe-Robespierre , et que je sois11 par toi apostrophé si sec! »

* Tout cela n’est qu’une querelle de ménage,» ajoute Camille, avec mes amis les patriotes Collot

» et Barrère; mais je vais être à mon tour bougre-» ment en colère'’" contre le Père Duchesne, qui» ni appelle un misérable intrigaülcur, un viédase

* Allusion à la pièce de Pamèla, dont la représentationavait clé défendue.

** Barrère s’appelait de Vieux-sac , quand il était noble.

*** Expressions des colporteurs qui, en vendant les feuil-les du Père Duchesne , criaient dans les rues : Il est bougre-ment en colère, le Père Duchesne.'