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Tome II.
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CONVENTION NATIONALE (1794).

s r 3nde qu’à aucune des exécutions précédentes.n louait des places sur des charrettes, sur les la-es disposées autour de l’échafaud.Ni Ronsin, ni' jl °otz ne bronchèrent, pour nous servir de leurterrible expression. Hébert, accablé de honte, dé-c °uragé par le mépris, ne prenait aucun soin deSu rnionter sa lâcheté, il tombait à chaque instante n défaillance ; et la populace, aussi vile que lui, :Vivait la fatale charrette en répétant le cri des ;Périls colpo rieurs : II est bougrement en colère, le** ere Dudiesne ! j

Ainsi furent sacrifiés ces misérables à l’indis- ;Pensable nécessité d’établir un gouvernement jferme et vigoureux ; et ici, le besoin d’ordre et iobéissance n’était pas un de ces sophismes àaide desquels les gouvernements immolent leurs'•ctimes. Toute l’Europe menaçaitla France , tousfes brouillons voulaient s’emparer de l’autorité etCompromettaient le salut commun par leurs luîtes.

Il était indispensable que quelques hommes plusénergiques s’emparassent de celte autorité dispu-te, l’occupassent à l’exclusion de tous, et pussentainsi s’en servir pour résister à l’Europe . Si oneprouve un regret, c’est de voir employer le men-songe contre ces misérables ; c’est de voir parmieux un homme d’un ferme courage, Ronsin; un°u inoffensif, Cloolz; un étranger, intrigant peut-® tre > mais point conspirateur et plein de mérite,

e malheureux Proli.

A peine les hébertistes avaient-ils subi leur sup-Pljco, que les indulgents montrèrent une grandel° le , et dirent qu’ils n’avaient donc pas tort de dé-lacer Hébert, Ronsin, Vincent, puisque le co-ftl *té de salut public et le tribunal révolutionnaire'diaient de les envoyer à la mort. — « De quoi0llc nous accuse-t-on? disaient-ils. Nous n’avons6,1 d’autre tort que de reprocher à ces factieux de'°uloir bouleverser la république, détruire la con-ation nationale, supplanter le comité de salutPublic, joindre le danger des guerres religieusesa celui des guerres civiles, et amener une confu-Sl ° n générale. C’est là justement ce que leur ontre Pcoché Saint-Just et Fouquier-Tinville en les^voyant à l’échafaud. En quoi pouvons-nousdes conspirateurs, des ennemis de la répu-té? »

Rien n’était plus juste que ces réflexions, et le^mité pensait exactement comme Danton, Camillees moulins, Philipeaux, Fabre, sur le danger de», e tu rbulence anarchique. La preuve, c’est que0 e spierre, depuis le 51 mai, n’avait cessé de

défendre Danton et Camille, et d’accuser les anar-chistes. Mais, nous l’avons dit, en frappant cesderniers, le comité s’exposait à passer pour mo-déré , et il fallait qu’il déployât d’autre part la plusgrande rigueur, pour ne pas compromettre sa ré-putation révolutionnaire. 11 fallait, tout en pensantcomme Danton et Camille, qu’il censurât leursopinions, qu’il les immolât dans ses discours, etparût ne pas les favoriser plus que les hébertisteseux-mêmes. Dans le rapport contre les deux fac-tions, Saint-Just avait autant accusé Tune quel’autre, et avait gardé un silence menaçant à l’égarddes indulgents. Aux Jacobins , Collot avait dit quece n’était pas fini, et qu’on préparait un rapportcontre d’autres individus que ceux qui étaient ar-rêtés. A ces menaces s’était jointe l’arrestationd’Hérault-Séchelles, ami de Danton , et l’un deshommes les plus estimés de ce temps-là. De telsfaits n’annonçaient pas l’intention de faiblir, etnéanmoins on disait encore de toutes parts que lecomité allait revenir sur ses pas, qu’il allait adou-cir le système révolutionnaire, et sévir contre leségorgeurs de toute espèce. Ceux qui désiraient ceretour à une politique plus clémente, les détenus,leurs familles, tous les citoyens paisibles en unmot, poursuivis sous le nom d’ indifférents, se li-vrèrent à des espérancesindiscrètes, et dirent hau-tement qu’enfin le régime des lois de sang allaitfinir. Ce fut bientôt l’opinion générale; elle se ré-pandit dans les départements, et surtout dans celuidu Rhône , où depuis quelques mois s’exerçaientde si affreuses vengeances, et où Ronsin avaitcausé un si grand effroi. On respira un moment àLyon , on osa regarder en face les oppresseurs, eton sembla leur prédire que leurs cruautés allaientavoir un terme. A ces bruits, à ces espérances dela classe moyenne et paisible, les patriotes s’indi-gnèrent. Les jacobins de Lyon écrivirent à ceuxde Paris que l’aristocratie relevait la tête, quebientôt ils n’y pourraient plus tenir, et que si onne leur donnait des forces et des encouragements,ils seraient réduits à se donner la mort comme lepatriote Gaillard, qui s’était poignardé lors de lapremière arrestation de Ronsin .

<t J’ai vu, dit Robespierre aux Jacobins , des let-» très de quelques-uns d’entre les patriotes lyon -» nais; ils expriment tous le même désespoir, et» si Ton n’apporte le remède le plus prompt à leurs» maux, ils ne trouveront de soulagement que» dans la recette de Caton et de Gaillard. La fac-i) tion perfide qui, affectant un patriotisme extra-