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Tome II.
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CONVENTION NATIONALE (1794).

■sait Danton , ils veulent m’arrêter!... Mais non,a Joutait-il, ils n’oseront pas !... » D’ailleurs, quePouvait-il faire? Fuir était impossible. Quel paysvoudrait donner asile à ce révolutionnaire formi-a J e ? Devait-il autoriser par sa fuite toutes lesCa loninies de ses ennemis? Et puis, il aimait sonPa f Sl « Emporte-t-on, s’écriait-il, sa patrie à laSe, nclle de ses souliers? » D’autre part, demeurant6,1 France , il lui restait peu de moyens à em-l yer. Les cordeliers appartenaient aux ullra-ev °luiionnaires, les jacobins à Robespierre . Lac °nvention était tremblante. Sur quelle force s’ap-puyer?.., Voilà ce que n’ont pas assez considéréce «xqui, ayant vu cet homme si puissant foudroyer

le trône

au 10 août, soulever le peuple contre les

etrangers, n’ont pu concevoir qu’il soit tombé sansfesistance. Le génie révolutionnaire ne consistePoint à refaire une popularité perdue, à créer desforces qui n’existent pas, mais à diriger hardimentles affections d’un peuple quand on les possède.Fa générosité de Danton, son éloignement desaffaires, lui avaient presque aliéné la faveur po-pulaire, ou du moins ne lui en avaient pas laisséassez pour renverser l’autorité régnante. Dans celtec °nviction de son impuissance, il attendait, et ser ®Pétait : Ils ri oseront pas! 11 était permis, en. et> ( l e croire que devant un si grand nom, dep S l- ands services, ses adversaires hésiteraient.u, s il retombait dans sa paresse, et dans celtesouciance des êtres forts qui attendent le dan-sans se trop agiter pour s’y soustraire.

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comité gardait toujours le plus grand silence,

^ des bruits sinistres continuaient à se répandre.J 0u rs s’étaient écoulés depuis la mort d’Hé-

uies

c était le 9 germinal. Tout à coup, les hom-■iid' Pa,sibles - ava l en,; conçu des espérances'Scrètes en voyant succomber le parti des for-. s > disent que bientôt on sera délivré des deuxl c 8 > Marat et Chalier, et que l’on a trouvé dans^ Ur v ie de quoi les transformer, aussi vite qu’Hé-î l > de grands patriotes en scélérats. Ce bruit,1 tenait à l’idée d’un mouvement rétrograde, sej,g pa § e avec une singulière rapidité, et on entend^ de tous côtés que les bustes de Marat etdr e i - ' er vont Être Frisés. Le maladroit Legen-cob' C ^ n ° nCe ces P r0 P 0S a ^ convention et aux Ja-| es lris ’ comme pour protester, au nom de ses amis» t ni0| férés, contre un projet pareil. — « Soyez, an quilles, s’écrie Collot aux Jacobins, de tels» la f^° S seront démentis. Nous avons fait tomber°ûdresurles hommes infâmes qui trompaient

» le peuple, nous leur avons arraché le masque,» mais ils ne sont pas les seuls!... Nous arrache-» rons tous les masques possibles. Que les inclul-d genls ne s’imaginent pas que c’est pour eux que» nous avons combattu, que c’est pour eux que» nous avons tenu ici des séances glorieuses !» Bientôt nous saurons les détromper... »

Le lendemain, en effet, 10 germinal (51 mars),le comité de salut public appelle dans son sein lecomité de sûreté générale, et, pour donner plusd’autorité à ses mesures, le comité de législationlui-même. Dès que tous les membres sont réunis,Saint-Just prend la parole, et, dans un de cesrapports violents et perfides qu’il savait si bienrédiger, il dénonce Danton, Desmoulins , Phili-peaux, Lacroix, et propose leur arrestation. Lesmembres des deux autres comités, consternésmais tremblants, n’osent pas résister, et croientéloigner le danger de leur personne en donnantleur adhésion. Le plus grand silence est com-mandé, et, dans la nuit du 10 au 11 germinal,Danton, Lacroix, Philipeaux, Camille Desmou-lins , sont arrêtés à l’improviste et conduits auLuxembourg .

Dès le matin, le bruit en était répandu dansParis , et y avait causé une espèce de stupeur. Lesmembres de la convention se réunissent et gardentun silence mêlé d’effroi. Le comité, qui toujoursse faisait attendre, et avait déjà toute l’insolencedu pouvoir, n’était point encore arrivé. Legendre,qui n’était pas assez important pour avoir été ar-rêté avec ses amis, s’empresse de prendre la pa-role : « Citoyens, dit-il, quatre membres de cettej assemblée sont arrêtés de celte nuit; je sais que» Danton en est un, j’ignore le nom des autres;» mais, quels qu’ils soient, je demande qu’ils» puissent être entendus à la barre. Citoyens, jea le déclare, je crois Danton aussi pur que moi-» même, et je ne crois pas que personne ait rien» à me reprocher; je n’attaquerai aucun membrea des comités de salut public et de sûreté géné-a raie; mais j’ai le droit de craindre que des hai-a nés particulières et des passions individuelles» n’arrachent à la liberté des hommes qui lui ontd rendu les plus grands et les plus miles services.» L’homme qui, en septembre 92, sauva la France j par son énergie, mérite d’être entendu, et doit» avoir la faculté de s’expliquer lorsqu’on l’accuse» d’avoir trahi la patrie. »

Procurer à Danton la faculté de parler à la con-vention était le meilleur moyen de le sauver, et de