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Tome II.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE .

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» coups d’un assassin, votre dernier soupir est un» appel à Injustice éternelle ! L’innocence sur l’é-j chafaud fait pâlir le tyran sur son char de triom-» phe. Aurait-elle cet ascendant si le lombeau» égalait l’oppresseur et l’opprimé?... 1

Robespierre , s’attachant toujours à saisir le côtépolitique de la question, ajoute ces observationsremarquables : « Prenons ici, dit-il, les leçons des l’histoire. Remarquez, je vous prie, comment» les hommes qui ont influé sur la destinée des» États furent déterminés vers l’un ou l’autre des» deux systèmes opposés, par leur caractère pér-il sonnel et par la nature même de leurs vues po-» litiques. Voyez-vous avec quel art profond César,i plaidant dans le sénat romain en faveur des com-i plices de Catilina, s’égare dans une digression» contre le dogme de l’immortalité de l’âme, tants ces idées lui paraissent propres à éteindre dans» le cœur des juges l’énergie de la vertu, tant lat cause du crime lui paraît liée à celle de l’a-» théisme ! Cicéron , au contraire, invoquait contrei les traîtres et le glaive des lois et la foudre desj> dieux. Socrate mourant entretient ses amis deï l’immortalité de l’âme. Léonidas, aux Thermo-» pyles, soupant avec ses compagnons d’armes aui moment d’exécuter le dessein le plus héroïque» que la vertu humaine ait jamais conçu, les in-» vite pour le lendemain à un autre banquet pour» une vie nouvelle-Caton ne balança point en-

> ire Épicurc et Zénon.Brutus et les illustres con-» jurés qui partagèrent ses périls et sa gloire» appartenaient aussi à cette secte sublime des» stoïciens, qui eut des idées si hautes de la di-

> gnité de l’homme, qui poussa si loin l’enthou-» siasme de la vertu, et qui n’outra que l’héroïsme.

» Le stoïcisme enfanta des émules de Brutus et de» Caton jusque dans les siècles affreux qui suivi-» rent la perte de la liberté romaine ; le stoïcisme» sauva l’honneur de la nature humaine, dégra-» dée par les vices des successeurs de César, et» surtout par la patience des peuples. »

Au sujet de l’athéisme, Robespierre s’expliqued’une manière singulière sur les encyclopédistes.

5 Celte secte, dit-il, en matière de politique, restad toujours au-dessous des droits du peuple; en

* matière de morale elle alla beaucoup au delà de

* la destruction des préjugés religieux ‘ ses cory-s pliées déclamaient quelquefois ebntre le despo-» tisme, et ils étaient pensionnés par les despotes;

» ils faisaient tantôt des livres contre la cour, et» tantôt des dédicaces aux rois, des discours pour

> les courtisans, et des madrigaux pour les cour-

» tisanes; ils étaient fiers dans leurs écrits etram-j pantsdanslesantichambres. Cettesectepropageai avec beaucoup de zèle l’opinion du matérialisme,» qui prévalut parmi les grands et parmi les beaux» esprits; on lui doit en partie celte espèce de phi-» losophie pratique , qui, réduisant l'égoïsme en» système, regarde la société humaine comme unej guerre de ruse, le succès comme la règle dui juste et de l’injuste, la probité comme uneaf-» faire de goût ou de bienséance, le monde comme» le patrimoine des fripons adroits.

» Parmi ceux qui, au temps dont je parle, se» signalèrent dans la carrière des lettres et de la» philosophie, un homme, par l’élévation de son

> âme et la grandeur de son caractère, se montra

> digne du ministère de précepteur du genre hu-» main; il attaqua la tyrannie avec franchise; ü» parla avec enthousiasme delà Divinité; son élo-» quence mâle et probe peignit en traits de feu» les charmes de la vertu; elle défendit ces dogmes

> consolateurs que la raison donne pour appui au» genre humain. La pureté de sa doctrine, puisée» dans la nature et dans la haine profonde du vice» autant que son mépris invincible pour les so-» phisles intrigants qui usurpaient le nom de phi-» losophes, lui attira la haine et la persécution de» ses rivaux et de ses faux amis. Ah! s’il avait été

> témoin de cette révolution dont il fut le précur-» seur, qui peut douter que son âme généreuse eût

> embrassé avec transport la cause de la justice» et de l’égalité? »

Robespierre s’attache ensuite à écarter cetteidéequelegouvernement, en proclamant le dog® ede l’Étre suprême, travaille pour les prêtres. Ils’exprime ainsi qu’il suit : a Qu’y a-t-il de co®'

» mun entre les prêtres et Dieu ? Les prêtres son 1s à la morale ce que les charlatans sont à la nié'

» decine. Combien le Dieu de la nature est diff e '

» rent du Dieu des prêtres? Je ne reconnais rien» de si ressemblant à l’athéisme que les religion®i qu’ils ont faites. A force de défigurer l’Être sU'

» prême, ils l’ont anéanti autant qu’il était eneuü

» ils en ont fait tantôt un globe de feu, tantôt un» bœuf, tantôt un arbre, tantôt un homme, tantôt» un roi. Les prêtres ont créé un Dieu à h üti image; ils l’ont fait jaloux, capricieux, avidÇi» cruel, implacable; ils l’ont traité comme jaé |S

> les maires du palais traitèrent les descendant®

» de Clovis , pour régner en son nom et se mettre» à sa place; ils l’ont relégué dans le ciel com>n e