Band 
Tome II.
Seite
84
JPEG-Download
 

84 RÉVOLUTION FRANÇAISE .

Pyle. Un autre jacobin dénonça un des agents ducomité de sûreté générale. Coulhori prit alors laparole, et dit qu’il (allait remonter plus haut, etfaire à la convention nationale une adresse surtoutes les machinations qui menaçaient de nou-veau la liberté. « Je vous invite, dit-il, à lui pré-b senler vos réflexions. Elle est pure; elle ne seb laissera pas subjuguer par quatre à cinq scélé-s rats. Quant à moi, je déclare qu’ils ne me sub-i jugueront pas. b La proposition de Couihon futaussitôt adoptée. On rédigea la pétition ; elle futapprouvée le S et présentée le 7 thermidor à laconvention.

Le style de cette pétition était, comme toujours,respectueux dans la forme, mais impérieux aufond. Elle disait que les jacobins venaient déposerdans le sein de lu convention les sollicitudes dupeuple; elle répétait les déclamations accoutu-mées contre l’étranger et ses complices, contre lesystème d’indulgence, contre les craintes répan-dues à dessein de diviser la représentation natio-nale, contre les efforts qu’on faisait pour rendrele culte de Dieu ridicule, etc. Elle ne portait pasde conclusions précises, mais elle disait d’une ma-nière générale : « Vous ferez trembler les traîtres,les fripons, les intrigants; vous rassurerez l’hommede bien; vous maintiendrez cette union qui faitvotre force, vous conserverez dans toute sa puretéce culte sublime dont tout citoyen est le ministre,dont la vertu est la seule pratique; et le peuple,confiant en vous, placera son devoir et sa gloire àrespecter et à défendre ses représentants jusqu’à lamort. b C’était dire assez clairement : Vous ferezce que vous dictera Robespierre , ou vous ne serezni respectés ni défendus. La lecture de celle péti-tion fut écoulée avec un morne silence. On n’y fitaucune réponse. A peine était-elle achevée queDubois-Crancé monta à la tribune, et sans parlerde la pétition ni des jacobins, se plaignit des amer-tumes dont on l’abreuvait depuis six mois, de l’in-justice dont on avait payé ses services, et demandaque le comité de salut public fût chargé de faireun rapport sur son compte, quoique dans ce co-mité, dit-il, se trouvassent deux de ses accusa-teurs. Il demanda le rapport sous trois jours. Onaccorda ce qu il demandait, sans ajouter une seuleréflexion, et toujours au milieu du même silence.Barrère lui succéda à la tribune; il vint faire ungrand rapport sur l’étal comparatif de la France en juillet 93 et en juillet 94. 11 est certain que ladifférence était immense, et que si on comparait

la France déchirée à la fois par le royalisme, 1®fédéralisme et l’étranger, à la France victorieusesur toutes les frontières et maîtresse des Pays-Bas .on ne pouvait s’empêcher de rendre des actions degrâces au gouvernement qui avait opéré ce chan-gement en une année. Ces éloges donnés au comileétaient la seule manière dont Barrère osât indirec-tement attaquer Robespierre ; il le louait mêmeexpressément dans son rapport. A propos des agi'tâtions sourdes qu’on voyait régner et des crisimprudents de quelques perturbateurs qui deman-daient un 31 mai, il disait « qu’un représentantt qui jouissait d’une réputation patriotique nié's ritée par cinq années de travaux, par ses prin-s cipes imperturbables d’indépendance et de H-» berté, avait réfuté avec chaleur ces proposi contre-révolutionnaires, b La convention écoutece rapport, et chacun se sépara ensuite dans l’a*"tente de quelque événement important. On se re-gardait en silence, et on n’osait ni s’interroger Ws'expliquer.

Le lendemain 8 thermidor, Robespierre sedécidaà prononcer son fameux discours. Tous ses agentsétaient disposés, et Saint-Just arrivait dans lajournée. La convention, en le voyant paraître àcelle tribune où il ne se montrait que rarement,s’attendait à une scène décisive. On l’écouta avecun morne silence, t Citoyens , dit-il, que d’autres» vous tracent des tableaux flatteurs, je viens vousi dire des vérités utiles. Je ne viens point réaliserb des terreurs ridicules, répandues par la perfidie!b mais je veux étouffer, s’il est possible, les flam-b beaux de la discorde par la seule force de la vérité 1b Je vais défendre devant vous voire autorité oïl-s tragée et la liberté violée. Je me défendrai moi'> même : vous n’en serez pas surpris; vous neb ressemblez point aux tyrans que vous combatte*’b Les cris de l’innocence outragée n’importunentb point votre oreille, et vous n’ignorez pas q ues cette cause ne vous est point étrangère, b Robes-pierre fait ensuite le tableau des agitations qui ontrégné depuis quelque temps, des craintes qui on 1été répandues, des projets qu’on a supposés a* 1comité et à lui contre la convention. « Nous, dit-**’

» attaquer la convention! et que sommes-nous sans

b elle! Qui l’a défendue au péril de sa vie? Q ul» s’est dévoué pour l’arracher aux mains des f*®'» lions? > Robespierre répond que c’est lui; et 1appelle avoir défendu la convention contre les Re-lions, avoir arraché de son sein Brissot , Vergniaud.Gensonnc, Pélion, Barbaroux, Danton , CamiÜ e