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COr\ VE MI ON NATIONALE (1794).
9on forcée; les prix de Lille avaient servi à déter-miner le maximum dans toute la Belgique . Lesdenrées, les marchandises utilesauxarmées étaientSoumises à la réquisition. Ces règlements n’avaientPas fait cesser la disette. Les marchands, les fer-miers cachaient tout ce qu’ils possédaient, et toutmanquait à l’officier comme au soldat.
Levée en masse l’année précédente, équipée sur-k-champ, transportée en hâte à Hondschoote,^atignies, Landau, l’armée entière n’avait plusr mn reçu de l’administration que de la poudre etdes projectiles. Depuis longtemps elle ne campaitPins sous toile; elle bivouaquait sous des hran-c hes d’arbre, malgré le commencement d’un hiverdéjà très-rigoureux. Beaucoup de soldats, man-rçnant de souliers, s’enveloppaient les pieds avecdes tresses de paille, ou se couvraient avec desDattes en place de capotes. Les officiers, payés enassignats, voyaient leurs appointements se réduireQuelquefois à huit ou dix francs effectifs par mois;Ce ux qui recevaient quelques secours de leurs fa-milles n’en pouvaient guère faire usage, car toute tait requis d’avance par l’administration fran-çaise. Ils étaient soumis au régime du soldat,marchant à pied, portant le sac sur le dos, man-dant le pain de munition, et vivant des hasardsde la guerre.
L’administration semblait épuisée par l’effortextraordinaire qu’elle avait fait pour lever et armerd°uze cent mille hommes. La nouvelle organisa-l| °n du pouvoir, faible et divisée, n’était pas pro-P’)e à lui rendre le nerf et l’activité nécessaires.4it >si tout aurait commandé de faire entrer l’arméee D Quartiers d’hiver, et de la récompenser de sesv *ctoires et de ses vertus militaires par du repos81 d abondantes fournitures.
Cependant nous étions devant la place de Ni-?dgue, qui, placée sur le Wahal (c’est le nom duj Din p r è s (j e son embouchure), en commandaitjf s deux rives, et pouvait servir de tête de pont àetl| temi pour déboucher à la campagne suivante® Ur la rive gauche. Il était donc important de s’em-rei ' de cette place avant d’hiverner; mais l’alla-en était très-difficile. L’armée anglaise, rangée^ ' lo rive droite, y campait au nombre de trente-mille hommes; un pont de bateaux lui four-
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moyen de communiquer avec la place et
éta 1 ' r:,v ' la 'll er - Outre ses fortifications, Nimèguetro* 1 P'^ddée par un camp retranché garni detiss * >eS ’ ** aura ‘ t donc fallu, pour rendre l’inves-ein ent complet, jeter sur la rive droite une
armée qui aurait eu à courir les chances du pas-sage et d’une bataille, et qui, en cas de défaite,n’aurait eu aucun moyen de retraite. On ne pou-vait donc agir que par la rive gauche, et on étaitréduit à attaquer le camp retranché, sans un grandespoir de succès.
Cependant les généraux français étaient décidésà essayer une de ces attaques brusques et hardiesqui venaient de leur ouvrir en si peu de temps lesplaces de Maestricht et Venloo . Les coalisés, sen-tant l’importance de Nimègue , s’étaient réunis àArnhem pour concerter les moyens de la défendre.Il avait été convenu qu’un corps autrichien, sousles ordres du général Wernek, passerait à la soldeanglaise, et formerait la gauche du duc d’York pour la défense de la Hollande. Tandis que le ducd’York, avec scs Anglais et ses Ilanovriens, reste-rait sur la rive droite devant le pont de Nimègue ,et renouvellerait les forces de la place, le généralWernek devait tenter du côté de Wesel , fort au-dessus de Nimègue , un mouvement singulier, queles militaires expérimentés ont jugé l’un des plusabsurdes que la coalition ait imaginés pendanttoutes ces campagnes. Ce corps, profitant d’une îleque forme le Rhin vers Buderich, devait passersur la rive gauche, et essayer une pointe entrel’armée de Sambre-et-Meuse et celle du Nord.Ainsi vingt mille hommes allaient être jetés audelà d’un grand fleuve entre deux armées victo-rieuses, de quatre-vingts à cent mille hommes cha-cune, pour voirquel effet ilsproduiraientsur elles:on devait les renforcer suivant l’événement. Onconçoit que ce mouvement, exécuté ayec les arméescoalisées réunies, pût devenir grand et décisif;mais, essayé avec vingt mille hommes, il n’étaitqu’une tentative puérile et peut-être désastreusepour le corps qui en serait chargé.
Néanmoins, croyant sauver Nimègue par cesmoyens, les coalisés firent d’une part avancer lecorps de Wernek vers Buderich, et de l’autreexécuter des sorties par la garnison de Nimègue .Les Français repoussèrent les sorties, et, commeà Maestricht et Venloo , ouvrirent la tranchée àune proximité de la place encore inusitée à laguerre. Un hasard heureux accéléra leurs travaux.Les deux extrémités de l’arc qu’ils décrivaientautour de Nimègue aboutissaient au Wahal; ilsessayaient de tirer, de ces extrémités, sur le pont.Quelques-uns de leurs projectiles atteignirentplusieurs pontons, et mirent en péril les commu-nications de la garnison avec l’armée anglaise. Les