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Tome II.
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CONVENTION NATIONALE (1795). 175

fes Champs Éïysées; les patriotes le savaient, etUllc foule d’entre eux s’étaient portés sur leurPassage pour les arrêter. Quand les voitures arri-vèrent précédées par la gendarmerie, un nombreuxrassemblement se forma autour d’elles. Les unsdisaient que c’était la convention qui se retiraita Châlons , emportant les fonds de la trésorerie;les autres disaient au contraire que c’étaient desdéputés patriotes injustement enlevés du sein dela convention, et qu’on n’avait pas le droit d’ar-racher à leurs fonctions. On dispersa la gendar-merie , et on conduisit les voitures au comitéeivil de la section des Champs Elysées. Dansle même instant, un rassemblement fondit surle poste qui gardait la barrière de l’Étoile, s’em-para des canons et les braqua sur l’avenue. Leehef de la gendarmerie voulut en vain parlemen-ter avec les séditieux; il fut assailli et obligé des’enfuir. Il courut au Gros-Caillou demander dessecours; mais les canonniers de la section mena-cèrent de faire feu sur lui s’il ne se retirait. Dansce moment arrivaient plusieurs bataillons des sec-tions et quelques centaines de jeunes gens com-mandés par Pichegru , et tout fiers de marchersous les ordres d’un général aussi célèbre. Lesmsurgés tirèrent deux coups de canon, et firent'•rie fusillade assez vive. Rafïet, qui ce jour-làc ommandait les sections, reçut un coup de feu àbout portant ; Pichegru lui-même courut de grandsdangers, et fut deux fois couché en joue. Cepen-dant sa présence, et l’assurance qu’il communiquaa ceux qu’il commandait, décidèrent le succès.Les insurgés furent mis en fuite, et les voituresPartirent sans obstacle.

Il restait à dissiper le rassemblement de la sec-bon des Quinze-Vingts, auquel s’était réuni celuilai s’était formé à l’église Notre-Dame . Là, les^ctieux s’étaient érigés en assemblée permanente,délibéraient une nouvelle insurrection. Piclie-s’y rendit, fit évacuer la salle de la section, etAcheva de rétablir la tranquillité publique.

Le lendemain, il se présenta à la convention et’à déclara que les décrets étaient exécutés. Desapplaudissements unanimes accueillirent le con-férant de la Hollande, qui venait, par sa pré-^ e Oce à Paris , de rendre un nouveau service. « Lefinqueur des tyrans, lui répondit le président,j ne pouvait manquer de triompher des factieux.»

. re ?ut l’accolade fraternelle, les honneurs de la®® a nce, et resta exposé, pendant plusieurs heures,regards de l’assemblée et du public, qui se

fixaient de toutes parts sur lui seul. On ne recher-chait pas la cause de ses conquêtes ; on ne faisaitpas dans ses exploits la part des accidents heureux;on était frappé des résultats', et on admirait uneaussi brillante carrière.

Cette audacieuse tentative des jacobins, qu’onne pouvait mieux caractériser qu’en l’appelant un20 juin, excita contre eux un redoublement d’ir-ritation, et provoqua de nouvelles mesures ré-pressives. Une enquête sévère fut ordonnée pourdécouvrir tous les fils de la conspiration qü’onattribuait faussement aux membres de la Montagne.Ceux-ci étaient sans communication avec les agi-tateurs populaires, et leurs relations avec eux sebornaient à quelques rencontres de café, à quel-ques encouragements en paroles ; néanmoins, lecomité de sûreté générale fut chargé de faire unrapport.

On supposait la conspiration d’autant plusétendue qu’il y avait eu aussi des mouvementsdans tous les pays baignés par le Rhône et laMéditerranée, à Lyon, Avignon , Marseille etToulon . Déjà on avait dénoncé les patriotes commequittant les communes où ils s’étaient signaléspar des excès, et se réunissant en armes dansles principales villes, soit pour y fuir les regardsde leurs concitoyens, soit pour se rallier à leurspareils et y faire corps avec eux. On prétendaitqu’ils parcouraient les bords du Rhône , qu’ilscirculaient en bandes nombreuses dans les envi-rons d’Avignon, de Nîmes, d’Arles , dans lesplaines de la Crau, et qu’ils y commettaient desbrigandages contre les habitants réputés royalistes.On leur imputait la mort d’un riche particulier,magistrat à Avignon , qu’on avait assassiné et dé-pouillé. A Marseille , ils étaient à peine contenuspar la présence des représentants et par les me-sures qu’on avait prises en mettant la vilje en étatde siège. A Toulon , ils s’étaient réunis en grandnombre, et y formaient un rassemblement de plu-sieurs mille individus, à peu près comme avaientfait les fédéralistes à l’arrivée du général Cartaux.Ils y dominaient la ville par leur réunion avec lesemployés de la marine, qui presque tous avaientété choisis par Robespierre le jeune, après la reprise de la place. Ils avaient beaucoup de partisansdans les ouvriers de l’arsenal, dont le nombres’élevait a plus de douze mille; et tous ces hommesréunis étaient capables des plus grands excès. Dansce moment, l’escadre, entièrement réparée, étaitprête à mettre à la voile; le représentant Leton r