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Tome II.
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CONVENTION NATIONALE (1795).

Bretons étaient loin d’avoir l’ardeur des premiersVendéens; quelques bandits seulement, sous lenom de chouans, étaient fortement résolus à laguerre, ou, pour mieux dire, au pillage; et deplus, un jeune capitaine, dont la vivacité égalaitle génie, disposant de troupes aguerries, contenaittoute une population d’une main ferme et assurée.La Bretagne pouvait-elle se soulever au milieu depareilles circonstances, à moins que l’armée quivenait la soutenir ne s’avançât rapidement, aitlieu de tâtonner sur le rivage de l’Océan?

Ce n’était pas tout : une partie des chouans, quiétaient sous l’influence des agents royalistes deParis , attendaient, pour se réunir à Puisaye,flu’un prince parût avec lui. Le cri de ces agentset de tous ceux qui partageaient leurs intrigues futflue l’expédition était insuffisante et fallacieuse, etque l’Angleterre venait en Bretagne répéter lesévénements de Toulon . On ne disait plus qu’ellevoulait donner la couronne au comte d’Artois,puisqu’il n’y était pas, mais au duc d’York ; onécrivit qu’il ne fallait pas seconder l’expédition,mais l’obliger à se rembarquer pour aller descen-dre auprès de Charette. Celui-ci ne demandait pastttieux. Il répondait aux instances des agents dePuisaye qu’il avait envoyé M. de Scépeaux à Paris pour réclamer l’exécution d’un des articles de sontraité ; qu’il lui fallait donc attendre le retour dec cl officier pour ne pas l’exposer à être arrêté en•'«prenant les armes. Quant à Stofllet, qui était'•ien mieux disposé pour Puisaye, il fit répondreque, si on lui assurait le grade de lieutenant gé-ft éral, il allait marcher sur-le-champ et faire unediversion sur les derrières des républicains.

Ainsi tout se réunissait contre Puisaye : et des'Ues opposées aux siennes chez les royalistes de'intérieur, et des jalousies entre les chefs ven-déens, et enfin un adversaire habile, disposant deiorces bien organisées, et suffisantes pour contenir

Ce que les Bretons avaient de zèle royaliste.

C’était le 15 messidor (3 juillet) que Puisayeav ait résolu d’attaquer le fort Penthièvre. Les sol-dnts qui le gardaient manquaient de pain depuisll °is jours. Menacés d’un assaut de vive force,'"«droyés par le feu des vaisseaux, mal comman-( 'és, il s se rendirent et livrèrent le fort à Puisaye.

Ma

a *s dans ce même moment, Hoche, établi à

l, rai, faisait attaquer tous les postes avancés des, ouans, pour rétablir la communication d’Aurai' 'lorinebon et Lorient . Il avait ordonné une atta-< ' üe simultanée sur Landevant et vers le poste

d’Aurai. Les chouans de Tinténiac, vigoureuse-ment abordés par les républicains, ne tinrent pascontre des troupes de ligne. Yauban, qui étaitplacé immédiatement à Mendon, accourut avecune partie de sa réserve au secours de Tinténiac ;mais il trouva la bande de celui-ci dispersée, etcelle qu’il amenait se rompit en voyant la déroute ;il fut obligé de s’enfuir, et de traverser même àla nage deux petits bras de mer, pour venir re-joindre le reste de ses chouans à Mendon. A sadroite, Dubois-Berthelot avait été repoussé : ilvoyait ainsi les républicains s’avancer à sa droiteet à sa gauche, et il allait se trouver en flèche aumilieu d’eux. C’est dans ce moment que les qua-tre cents hommes de ligne qu’il avait demandéslui auraient été d’une grande utilité pour soutenirses chouans et les ramener au combat; mais d’Her-villy venait de les rappeler pour l’attaque du fort.Cependant il rendit un peu de courage à ses sol-dats, et les décida à profiter de l’occasion pourtomber sur les derrières des républicains, quis’engageaient très-avant à la poursuite des fuyards.Il se rejeta alors sur sa gauche, et fondit sur unvillage où les républicains venaient d’entrer encourant après les chouans. Ils ne s’attendaientpas à cette brusque attaque et furent obligés de sereplier. Vauban se reporta ensuite vers sa positionde Mendon ; mais il s’y trouva seul, tout avait fuiautour de lui, et il fut obligé de se retirer aussi,mais avec ordre, et après un acte de vigueur quiavait modéré la rapidité de l’ennemi.

Les chouans étaient indignés d’avoir été exposésseuls aux coups des républicains; ils se plaignaientamèrement de ce qu’on leur avait enlevé les qua-tre cents hommes de ligne. Puisaye en fit des re-proches à d’Hervilly ; celui-ci répondit qu’il lesavait rappelés pour l’attaque du fort. Ces plaintesréciproques ne réparèrent rien, et on resta de partet d’autre fort irrité. Cependant on était maître dufort Penthièvre. Puisaye fit débarquer dans lapresqu’île tout le matériel envoyé par les Anglais ;il y fixa son quartier général, y transporta toutesles troupes, et résolut de s’y établir solidement. Ildonna des ordres aux ingénieurs pour perfection-ner la défense du fort, et y ajouter des travauxavancés. On y arbora le drapeau blanc à côté dudrapeau anglais , en signe d’alliance entre les roisde France et d’Angleterre. Enfin, on décida quechaque régiment fournirait à la garnison un déta-chement proportionné à sa force. D’Hervilly, quiétait fort jaloux de compléter le sien, et de le