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plus tôt, ses bienfaits n’auraient pas eu le tempsde se consolider; des efforts inouïs, des victoires^mortelles, des torrents de sang, tout restait sansfruit pour la France ; ou, si du moins il n’était pasdonné à une poignée de fugitifs de soumettre à leurJoug une brave nation, ils auraient mis sa régé-nération en péril, et quant à eux, ils n’auraientPus perdu leur cause sans la défendre, et ils au-vent honoré leur prétention par leur énergie.
Tout fut imputé à Puisaye et à l’Angleterre parles brouillons qui composaient le parti royaliste,fruisaye était, à les entendre, un traître vendu àLitt pour renouveler les scènes de Toulon . Cepen-dant il était constant que Puisaye avait fait ce qu’il®vait pu. Il était absurde de supposer que l’Angle-terre ne voulût pas réussir; ses propres précau-t'ons à l’égard de Puisaye, le choix qu’elle fit elle-tûême de d’Hervilly pour empêcher que les corpsémigrés ne fussent trop compromis, et, enfin, lez èle que le commodore Waren mit à sauver les•malheureux restés dans la presqu’île, prouvent?ue, malgré son génie politique, elle n’avait pasMédité le crime hideux et lâche qu’on lui attri-buait. Justice à tous, même aux implacables en-ne mis de notre révolution et de notre patrie.
Le commodore Waren alla débarquer à l’îleu Houat les malheureux restes de l’expédition ; ilattendit là de nouveaux ordres de Londres et l’ar-mée du comte d’Artois, qui était à bord du Lord^°ira, pour savoir ce qu’il faudrait faire. Le
ue sespoir régnait dans cette petite île : les émi-sés, les chouans, dans la plus grande misère etPeints d’une maladie contagieuse, se livraienta Ux récriminations, et accusaient amèrement Pui-* a ye. Le désespoir était bien plus grand encore à® ra i et à Vannes , où avaient été transportés les^'He émigrés pris les armes à la main. Hoche,a près les avoir vaincus, s’était soustrait à ce spec-^cle douloureux, pour courir à la poursuite de làan de de Tinténiac, appelée l’armée Rouge. Le® 0lt des prisonniers ne le regardait plus : que^°uvait-il pour eux? Les lois existaient, il ne pou-11 les annuler. Il en référa au comité de salutet à Tallien. Tallien partit sur-le-champ,9 tn riTVa ;i Paris la veille de l’anniversaire du'•on eriïU( b )r- Le lendemain on célébrait, suivant lede p eaU mo( fr adopté, une fête dans le sein mêmefrob e aSSemblée ’ en commémoration de la chute deC08t u S P-rre. Tous les représentants siégeaient en; ( j rs me ’ un nombreux orchestre exécutait desPatriotiques; des chœurs chantaient les hym-
nes de Chénier. Courtois lut un rapport sur lajournée du 9 thermidor. Tallien lut ensuite unautre rapport sur l’affaire de Quiberon . On remar-qua chez lui l’intention 1 de se procurer un doubletriomphe ; néanmoins on applaudit vivement sesservices de l’année dernière et ceux qu’il venait derendre dans le moment. Sa présence, en effet,n’avait pas été inutile à Hoche. Il y eut, le mêmejour, un banquet chez Tallien ; les principaux gi-rondins s’y étaient réunis aux thermidoriens ; Lou-vet, Lanjuinais, y assistaient. Lanjuinais portaun toast au 9 thermidor, et aux députés coura-geux qui avaient abattu la tyrannie; Tallien enporta un second aux soixante-treize, aux vingt-deux, aux députés victimes de la terreur; Louvetajouta ces mots : Et â leur union intime avec leshommes du 9 thermidor.
Ils avaient grand besoin en effet de se réunirpour combattre, à efforts communs, les adver-saires de toute espèce soulevés contre la républi-que. La joie fut grande, surtout en songeant audanger qu’on aurait couru si l’expédition del’Ouest avait pu concourir avec celle que le princede Condé avait préparée vers l’Est.
Il fallait décider du sort des prisonniers. Beau-coup de sollicitations fufenl adressées aux comités;mais, dans la situation présente, les sauver étaitimpossible. Les républicains disaient que le gou-vernement voulait rappeler les émigrés, leur rendreleurs biens, et conséquemment rétablir la royauté ;les royalistes,toujours présomptueux, soutenaient,la même chose; ils disaient que leurs amis gou-vernaient, et ils devenaient d’autant plus auda-cieux qu’ils espéraient davantage. Témoigner lamoindre indulgence dans cette occasion, c’étaitjustifier les craintes des uns, les folles espérancesdes autres; c’était mettre les républicains au dés-espoir, et encourager les royalistes aux plushardies tentatives. Le comité de salut public or-donna l’application des lois, et certes il n’y avaitpas de montagnards dans son sein; mais il sen-tait l’impossibilité de faire autrement. Une com-mission, réunie à Vannes , fut chargée de distin-guer les prisonniers enrôlés malgré eux desvéritables émigrés. Ces derniers furent fusillés.Les soldats en firent échapper le plus qu’ils pu-rent. Beaucoup de braves gens périrent; mais ilsne devaient pas être étonnés de leur sort, aprèsavoir porté la guerre dans leur pays, et avoir étépris les armes à la main. Moins menacée par desennemis de toute espèce, et surtout par leurs pro-