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Tome II.
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CONVENTION NATIONALE (1795)

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sous les ordres du général commandant l’armée 'tic l’intérieur, d’ordonner le désarmement de lasection Lepelletier et de celle du Théâtre-Français,et de former trois commissions pour juger les chefsde la rébellion, qui, du reste, avaient presque tousdisparu.

Les compagnies de grenadiers et de chasseursse laissèrent dissoudre ; les deux sections Lepclle-l ier et du Théâtre-Français remirent leurs armessans résistance; chacun se soumit. Les comités,entrant dans ces vues de clémence, laissèrent s’é-vader tous les coupables, ou souffrirent qu’ils res-tassent dans Paris , où ils se cachaient à peine. Lescommissions ne prononcèrent que des jugementsPar contumace. Un seul des chefs fut arrêté : c’étaitle jeune Lafond. Il avait inspiré quelque intérêtPar son courage; on voulait le sauver, mais il s’ob-stina à déclarer sa qualité d’émigré, à avouer sarébellion, et on ne put lui faire grâce. La tolérancefut telle que l’un des membres de la commissionformée à la section Lepelletier, M. de Castellane,rencontrant la nuit une patrouille qui lui criait? w 't vive! répondit : Castellane, contumace! Lessuites du 15 vendémiaire ne furent donc pointSa nglantes, et la capitale n’en fut nullement at-tristée. Les coupables se retiraient ou se prome-ttaient librement, et les salons n’étaient occupés'P'e du récit des exploits qu’ils osaient avouer.

punir ceux qui l’avaient attaquée, la conven-

ons

l 'on se contentait de récompenser ceux qui l’avaientdéfendue; elle déclara qu’ils avaient bien méritéc ' c la patrie; elle leur vota des secours, et fit unaccueil brillant à Barras et à Bonaparte. Barras,déjà célèbre depuis le 9 thermidor, le devintbeaucoup plus encore par la journée de vendé-miaire; on lui attribua le salut de la convention.Cependant il ne craignit pas de faire part d’unePortion de sa gloire à son jeune lieutenant." L est le général Bonaparte, dit-il, dont les dis-positions promptes et savantes ont sauvé cetteenceinte. » On applaudit ces paroles. Le comman-dement de l’armée de l’intérieur fut confirmé à

aTr as, et le commandement en second à Bona-parte.

Y IjCS ln trigants royalistes éprouvèrent un singu-( j CI mécompte en voyant l’issue de l’insurrection^s se hâtèrent d’écrire à Vérone qu ilsPaient été trompés par tout le monde ; que l’ar-

bju a vait manqué . que u où a j. gllait de Vor on

nig lt d Peine du vieux linge; que les députésna ichiens, ceux desquels ils avaient des pro-

messes, les avaient trompés, et avaient joué unjeu infâme; que c’était une race jacobinaire àlaquelle il ne fallait pas se fier; que malheureu-sement on n’avait pas assez compromis et engagéceux qui voulaient servir la cause; que les roya-listes de Paris à collet noir, à collet vert et d ca-denettes, qui étalaient leurs fanfaronnades auxfoyers des spectacles, étaient allés, au premiercoup de fusil, se cacher sous le lit des femmes quiles souffraient.

Le Maître, leur chef, venait d’être arrêté avecd’autres instigateurs de la section Lepelletier. Onavait saisi chez lui une quantité de papiers : lesroyalistes craignaient que ces papiers ne trahissentle secret du complot, et surtout que Le Maître neparlât lui-même. Cependant ils ne perdirent pascourage; leurs affidés continuèrent d’agir auprèsdes sectionnâmes. L’espèce d’impunité dont ceux-cijouissaient les avait enhardis. Puisque la conven-tion, quoique victorieuse, n’osait pas les frapper,elle reconnaissait donc que l’opinion était poureux; elle n’était donc pas sûre de la justice de sacause puisqu’elle hésitait. Quoique vaincus, ilsétaient plus fiers et plus hauts qu’elle, et ils repa-rurent dans les assemblées électorales, pour y fairedes élections conformes à leurs vœux. Les assem-blées devaient se former le 20 vendémiaire et du-rer jusqu’au 50; le nouveau corps législatif devaitêtre réuni le 5 brumaire. A Paris , les agents roya-listes firent nommer le conventionnel Saladin ,qu’ils avaient déjà gagné. Dans quelques départe-ments, ils provoquèrent des rixes; on vit des as-semblées électorales faire scission et se partageren deux.

Ces menées, ce retour de hardiesse contribuèrentà irriter beaucoup les patriotes qui avaient vu,dans la joifi'née du 15, se réaliser tous leurs pro-nostics; ils étaient fiers à la fois d’avoir devinéjuste, et d’avoir vaincu par leur courage le dangerqu’ils avaient si bien prévit. Ils voulaient que lavictoire ne fût pas inutile pour eux, qu’elle ame-nât des sévérités contre leurs adversaires, et desréparations pour leurs amis détenus dans les pri-sons; ils firent des pétitions, dans lesquelles ilsdemandaient l’élargissement des détenus, la desti-tution des officiers nommés par Aubry, le rétablis-sement dans leurs grades de ceux qui avaient étédestitués, le jugement des députés enfermés, etleur réintégration sur les listes électorales, s'ilsétaient innocents. La Montagne, appuyée par lestribunes toutes remplies de patriotes, applaudis-