278
RÉVOLUTION FRANÇAISE.
civils de les surveiller, de recueillir les plaintes jqui s’élèveraient contre eux, et de lui désigner jceux dont le remplacement serait convenable.
Pour surveiller les factions, qui, obligées main-tenant de se cacher, allaient agir dans l’ombre, leDirectoire imagina la création d’un ministère spé-cial de la police.
La police est un objet important dans les tempsde troubles. Les trois assemblées précédentes luiavaient consacré un comité nombreux ; le Directoirene crut pas devoir la laisser parmi les attributionsaccessoires du ministère de l’intérieur, et proposaaux deux conseils d’ériger un ministère spécial.L’opposition prétendit que c’était une institutioninquisitoriale, ce qui était vrai, et ce qui malheu-reusement était inhérent à un temps de factions, etsurtout de factions obstinées et obligées de com-ploter secrètement. Le projet fut approuvé. On ap-pela le député Cochon aux fonctions de ce nouveauministère. Le Directoire aurait encore voulu deslois sur la liberté de la presse. La constitution ladéclarait illimitée, sauf les dispositions qui pour-raient devenir nécessaires pour en réprimer lesécarts. Les deux conseils, après une discussion so-lennelle, rejetèrent tout projet de loi répressive.Les rôles furent encore intervertis dans cette dis-cussion. Les partisans de la révolution, qui de-vaient être partisans de la liberté illimitée, deman-daient des moyens de répression; et l’opposition,dont la pensée secrète inclinait plutôt à la mo-narchie qu’à la république, vota pour la libertéillimitée; tant les partis sont gouvernés par leurintérêt! Du reste, la décision était sage. La pressepeut être illimitée sans danger : il n’y a que lavérité de redoutable; le faux est impuissant, plusil s’exagère, plus il s’use. Il n’y a pas de gouver-nement qui ait péri par le mensonge. Qu’importequ’un Babœuf célébrât la loi agraire, qu’une Quo-tidienne rabaissât la grandeur de la révolution,calomniât ses héros et cherchât à relever des prin-ces bannis ! Le gouvernement n’avait qu’à laisserdéclamer: huit jours d’exagération et de mensongeusent toutes les plumes des pamphlétaires et deslibellistes. Mais il faut bien du temps et de la phi-losophie à un gouvernement pour qu’il admetteces vérités. Il n’était peut-être pas temps pour laconvention de les entendre. Le Directoire , quiétait plus tranquille et plus assis, aurait dû com-mencer à les comprendre et à les pratiquer.
Les dernières mesures du Directoire , telles quela clôture de la société du Panthéon, le refus d’ac-
cepter la démission du ministre Benezech, le rap-pel des conventionnels en mission, le changementde certains fonctionnaires, produisirent le meill ealeffet ; elles rassurèrent ceux qui craignaient véri-tablement la terreur, condamnèrent au silenceceux qui affectaient de la craindre, et satisfirentles esprits sages qui voulaient que le gouvernementse plaçât au-dessus de tous les partis. La suite»l’activité des travaux du Directoire , ne contribuè-rent pas moins que tout le reste à lui concil* el
et à
cin<lil.du
l’estime. On commençait à espérer du repos,supposer de la durée au régime actuel. Lesdirecteurs s’étaient entourés d’un certain app are
Barras, homme de plaisir, faisait les honneursLuxembourg . C’est lui, en quelque sorte, q ul / e .présentait pour ses collègues. La société ava' 1 ‘peu près le même aspect que l’année précédent®’elle présentait un mélange singulier de conditi ^une grande liberté de mœurs, un goût effréné ples plaisirs, un luxe extraordinaire. Les saloi> sdirecteur étaient pleins de généraux dont 1’®®’tion et la fortune s’étaient faites en deux anS ’ eI1 ,fournisseurs et de gens d’affaires qui s’étaieutrichis par les spéculations et les rapines, d e!iqui rentraient et cherchaient à se rattach® 1gouvernement, d’hommes à grands talents»commençant à croire à la république, désira»®^ tprendre place, d’intrigants enfin qui coUi:U vC ,après la faveur. Des femmes de toute orig 1IlC ctnaient déployer leurs charmes dans ces sa ^°. nS ^ u tuser de leur influence, dans un moment ® uétait à demander et à obtenir. Si quelq 11 ® ccltemanières manquaient de cette décence et ( ^ ;
dignité dont on fait tant de cas en Franc®) ^ ^sont le fruit d’une société polie, tranqui^® e ,clusive, il y régnait une extrême liberté d eS Pet cette grande abondance d’idées P oSltl ^,] l0S es-suggèrent la vue et la pratique des grandesLes hommes qui composaient cette société ^affranchis de toute espèce de routine, i' s n ®.j g gâ-taient pas d’insignifiantes traditions; ce q u ^
vaient, ils l’avaient appris par leur pr°p re derience. Ils avaient vu les grands événem^l’histoire, ils y avaient pris, ils y P renal , telencore; et il est aisé de se figurer ce eS pritsspectacle devait réveiller d’idées chez ea ^jl-jeunes, ambitieux et pleins d’espérances. ^ s j )T1 -lait au premier rang le jeune Hoche, qui » ^ el)
pie soldat aux gardes françaises, était, i j onn é ® nune campagne général en chef, et s était <- ] C indeux ans l’éducation la plus soignée. e ‘ ’