307
DIRECTOIRE (1796).
^'8 e > à laquelle il attachait tant d’importance. Ilattribuait toutes les fautes commises dans les an-tennes campagnes des Français en Italie au mau-' a,s choix de la ligne défensive. Les lignes sont"ombreuses dans la haute Italie , car une multl-de fleuves la parcourent des Alpes à la mer.■‘0 plus grande et la plus célèbre, la ligne du Pô ,( * Ul traverse toute la Lombardie , lui paraissait"lauvaise, comme trop étendue. Une armée, sui-' a "tlui,nepouvaitpas garder cinquante lieues dec ours. Une feinte pouvait toujours ouvrir le passage1 Utl grand fleuve. Lui-même avait franchi le Pô àfloelques lieues de Beaulieu. Les autres fleuves, tels'lOeleTésin, l’Adda, l’Oglio, tombant dans le Pô ,5l confondaient avec lui, et avaient les mêmes in-convénients. Le Mincio était guéable, et d’ailleurs°mbait aussi dans le Pô . L’Adige seul, sortant11 îyrol et allant se jeter dans la mer, couvrait°"*e l’Italie . Il était profond, n’avait qu’un coursl *ès-p eu étendu des montagnes à la mer. Il était"ouvert par deux places, Vérone et Porto-Legnago,bès-voisines l’une de l’autre, et qui, sans êtreç ne s, pouvaient résister à une première attaque,"ûn il parcourait, à partir deLegnago, des ma-
r ois i
f icu
'mpraticables, qui couvraient la partie infé-
j re de son cours. Les fleuves plus avancés dans•j ^ a "te Italie , tels que la Brenta, la Piave, le. a 8bamento, étaient guéables, et tournés d’ail-
7 O 7
par la grande route du Tyrol, qui débou-
'Ul’S
^ a )t sur leurs derrières. L’Adige , au contraire,f lt l’avantage d’être placé au débouché de cette_/ e i qui parcourt sa propre vallée.
"Iles étaient les raisons qui décidèrent Bona-Pour cette ligne, et une immortelle càm-f. a prouvé la justesse de son jugement.; \ Clte Hgne occupée, il fallait songer maintenant"ootmencer le siège de Mantoue .
ette place, située sur le Mincio, était en ar-II r " do l’Adige , et se trouvait couverte par cel’In*’ * a re ga r dait comme le boulevard de0 ^ le ‘ Assise au milieu d’un lac formé par lesfç r X ^ ll Mincio, elle communiquait avec la terrePU 6 ! lar c * nc I digues. Malgré sa réputation, cettea fo aVa * t ^ cs inconvénients qui en diminuaientiiw , lce réelle. Placée au milieu d’exhalaisonss ai t6 Cageuscs , die ctait exposée aux fièvres; en-tr 0u e ’ J es têtes de chaussées enlevées, l’assiégé setpié U re i e td dans la place, et pouvait être blo-na Part l ' Un cor P s très-inférieur à la garnison. Bo-
rial (3 juin), il lit attaquer les tètes de chaus-sées, dont une était formée par le faubourg deSaint-George, et les enleva. Dès cet instant, Ser-rurier put bloquer, avec huit mille hommes, unegarnison qui se composait de quatorze, dont dixmille étaient sous les armes, et quatre mille dansles hôpitaux. Bonaparte fit commencer les travauxdu siège, et mettre toute la ligne de l’Àdige enétat de défense. Ainsi, dans moins de deux mois,il avait conquis l’Italie . 11 s’agissait de la garder.Mais c’était là ce dont on doutait, et c’était l'é-preuve sur laquelle on voulait juger le jeunegénéral.
Le Directoire venait de répondre aux observa-tions faites par Bonaparte sur le projet de diviserl’armée, et de marcher dans la péninsule. Lesidées de Bonaparte étaient trop justes pour nepas frapper l’esprit de Carnot, et ses services tropéclatants pour que sa démission fût acceptée. LeDirectoire se hâta de lui écrire pour approuver scsprojets, pour lui confirmer le commandement detoutes les forces agissant en Italie , et l’assurer detoute la confiance du gouvernement. Si les magis-trats de la république avaient eu le don de pro-phétie, ils auraient bien fait d’accepter la démis-sion de ce jeune homme, quoiqu’il eût raisondans l’avis qu’il soutenait, quoique sa retraite fitperdre à la république l’Italie et un grand capi-taine; mais, dans le moment, on ne voyait en luique la jeunesse, le génie, la victoire, et on éprou-vait l’intérêt, on avait les égards que toutes ceschoses inspirent.
Le Directoire n’imposait à Bonaparte qu’uneseule condition, c’était de faire sentir à Rome età Naples la puissance de la république. Tout cequ’il y avait de patriotes sincères en France ledésirait. Le pape, qui avait anathématisé la France ,prêché une croisade contre elle, et laissé assassi-ner dans sa capitale notre ambassa.deur, méritaitcertes un châtiment. Bonaparte, libre d’agir main-tenant comme il l’entendait, prétendait obtenirtous ces résultats sans quitter sa ligne de l’Adige .Tandis qu’une partie de l’armée gardait cette li-gne, qu’une autre assiégeait Mantoue et le châ-teau de Milan , il voulait, avec une simple divi-sion, échelonnée en arrière sur le Pô, fairetrembler toute la péninsule, et amener le pontifeet la reine de Naples à implorer la clémence ré-publicaine. On annonçait l’approche d’une grandearmée, détachée du Rhin pour venir disputerl’Italie à ses vainqueurs. Cette armée, qui devait