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RÉVOLUTION FRANÇAISE.
traverser la Forêt-Noire, le Yoralberg, le Tyrol,ne pouvait arriver avant un mois. Bonaparte avaitdonc le temps de tout terminer sur ses derrières,sans trop s’éloigner de l’Adige , et de manière àpouvoir, par une simple marche rétrograde, seretrouver en face de l’ennemi.
Il était temps en effet qu’il songeât au reste del’Italie. La présence de l’armée française y déve-loppait les opinions avec une singulière rapidité.Les provinces vénitiennes ne pouvaient plus souf-frir le joug aristocratique. La ville de Brescia ma-nifestait un grand penchant à la révolte. Danstoute la Lombardie, et surtout à Milan , l’espritpublic faisait des progrès rapides. Les duchés deModène et Reggio, les légations de Bologne etFerrare , ne voulaient plus ni de leur vieux duc,ni du pape. En revanche, Je parti contraire deve-nait plus hostile. L’aristocratie génoise était fortindisposée, et méditait de mauvais projets sur nosderrières. Le ministre autrichien Gérola étaitl’instigateur secret de tous ces projets. L’État deGènes était rempli de petits fiefs relevant de l’Em-pire. Les seigneurs génois revêtus de ces fiefs réu-nissaient les déserteurs, les bandits, les prison-niers autrichiens qui avaient réussi à s’échapper,les soldats piémontais qu’on avait licenciés, etformaient des bandes de partisans connus sous lenom de Barbets. Ils infestaient l’Apennin par oùl’armée française était entrée; ils arrêtaient lescourriers, pillaient nos convois, massacraient lesdétachements français quand ils n’étaient pas as-sez nombreux pour se défendre, et répandaientl’inquiétude sur la route de France. En Toscane ,les Anglais s’étaient rendus maîtres du port deLivourne , grâce à la protection du gouverneur, etle commerce français était traité en ennemi. EnfinRome faisait des préparatifs hostiles; l’Angleterrelui promettait quelques mille hommes; et Naples,toujours agitée par les caprices d’une reine vio-lente, annonçait un armement formidable. Lefaible roi, quittant un instant le soin de la pêche,avait publiquement imploré l’assistance du ciel;il avait, dans une cérémonie solennelle, déposéses ornements royaux, et les avait consacrés aupied des autels. Toute la population napolitaineavait applaudi et poussé d’affreuses vociférations;une multitude de misérables, incapables de ma-nier un fusil et d’envisager une baïonnette fran-çaise, demandaient des armes et voulaient mar-cher contre notre armée.
Quoique ces mouvements n’eussent rien de bien
alarmant pour Bonaparte, tant qu’il pouvait dis-poser de six mille hommes, il devait se hâter deles réprimer avant l’arrivée de la nouvelle armeeautrichienne qui exigeait la présence de tout 1 '®nos forces sur l’Adige . Bonaparte commençai 1 arecevoir de l’armée des Alpes quelques renforts»ce qui lui permettait d’employer quinze miH®hommes au blocus de Mantoue et du château doMilan, vingt mille à la garde de l’Adige , etporter une division sur le Pô pour exécuter sesprojets sur le midi de l’Italie .
Il se rendit sur-le-champ à Milan pour faire ou-vrir la tranchée-autour du château, et hâter sureddition. Il ordonna à Augereau, qui était suri®Mincio, très-près du Pô , de passer ce fleuve »Borgo-Forte, et de se diriger sur Bologne . R e ®joignit à Vaubois de s’acheminer de Tortonc ■Modène , avec quatre ou cinq mille hommes ai -r Jvant des Alpes . De cette manière, il pouvait du 1ger huit à neuf mille hommes dans les légati° IlSde Bologne et de Ferrare , et menacer de là t° lltcla péninsule.
Il attendit pendant quelques jours la fit* l ^' Sinondations sur le bas Pô, avant de mettre sa c °lonne en mouvement. Mais la cour de NapJ c *’faible autant qu’elle était violente, avait passéla fureur à l’abattement. En apprenant nos d^
; victoires dans la haute Italie , elle avait )•'
1 Cf!
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partir le prince de Belmonte-Pignatelli P° UI rsoumettre au vainqueur. Bonaparte renvoya» P ^la paix, au Directoire , mais crut devoir accoiun armistice. Il ne lui convenait pas de s’enfojusqu’à Naples avec quelques millç homme®’surtout dans l’attente de l’arrivée des AutricmIl lui suffisait pour le moment de désarmerpuissance, d’ôter son appui »» Rome , et u
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brouiller avec la coalition. On ne pouvait P*^
comme aux autres petits princes qu’on avait
la main, lui imposer des contributions, mais, . , . TTr'inÇa 15 ’
s engageait a ouvrir tous ses ports aux **■
à retirer à l’Angleterre cinq vaisseaux et beaude frégates qu’elle lui fournissait, enfin a Pl’armée autrichienne des deux mille quatiecavaliers qui servaient dans ses rangs. Ç e Cde cavalerie devait rester séquestré sous a ^de Bonaparte, qui était maître de le faire Pj^ a ..nier à la première violation de l’armistice-parte savait très-bien que de pareilles concne plairaient pas au gouvernement; mais» ^le moment, il lui importait d’avoir duses derrières, et il n’exigeait que ce qu •
ait