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Tome II.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

Les Alpes de Souabe forment un massif qui re-jette, comme on sait, le Danube à l’orient; leRhin au nord : c’est à travers ce massif que serpen-tent le Necker et le Mein pour se jeter dans leRhin . Ce sont des montagnes de médiocre hauteur,couvertes de bois, et traversées de défilés étroits.La vallée du Rhin est séparée de celle du Neckerpar une chaîne qu’on appelle les Montagnes-Noi-res. Moreau, transporté sur la rive droite, était àleur pied. Il devait les franchir pour déboucherdans la vallée du Necker. Le contingent des Souabeset le corps de Condé remontaient vers la Suisse pour garder les passages supérieurs desMonlagnes-Noires. Latour, avec le corps principal, revenaitde Manheim, pour garder les passages inférieurspar Rastadt, Ettlingen et Pforzheim . Moreau pou-vait sans inconvénient négliger les détachementsqui se retiraient du côté de la Suisse , et se porter,avec la masse entière de ses forces, sur Latour;il l’aurait infailliblement accablé. Alors il auraitdébouché en vainqueur dans la vallée du Necker,avant l’archiduc Charles. Mais, en général prudent,il confia à Ferino le soin de suivre avec sa droiteles corps détachés des Souabes et de Condé, il di-rigea Saint-Cyr, avec le centre, directement versles montagnes, pour occuper certaines hauteurs,et il longea lui-même leur pied pour descendre àRastadt au-devant de Latour. Cette marche était ledouble résultat de sa circonspection et du plan deCarnot. Il voulait se couvrir partout, et en mêmetemps étendre sa ligne vers la Suisse , pour êtreprêt à soutenir par les Alpes l’armée d’Italie .Moreau se mit en mouvement le 12 (30 juin). Ilmarchait entre le Rhin et les montagnes, dans unpays inégal, coupé de bois, et creusé par des tor-rents. Il s’avançait avec circonspection, et n’ar-riva que le 15 à Rastadt (5 juillet). Il était tempsencore d’accabler Latour, il n’avait pas été rejointpar l’archiduc Charles. Ce prince, en apprenant lepassage, arrivait à marches forcées avec vingt-cinqmille hommes de renfort. Il en laissait trente-sixmille sur la Lalin, et vingt-sept mille devantMayence , pour tenir tête à Jourdan, le tout sousles ordres du général Wartensleben. Il se hâtait leplus qu’il pouvait; mais ses têtes de colonnesétaient encore fort éloignées. Latour, après avoirlaissé garnison dans Manheim, comptait au plustrente-six mille hommes. Il était rangé sur la Murg ,qui va se j e ter dan s le Rhin , ayant sa gauche à Gerns-bach, dans les montagnes; son centre, à leurpied, vers Kuppenheim , un peu en avant de la

Murg ; sa droite, dans la plaine, le long des ®de Neiderbulh, qui s’étendent au bord du Ri*" 1 ’réserve à Rastadt . Il était imprudent à L ade s’engager avant l’arrivée de l’archiduc. M alS ^position le rassurant, il voulait résister p° UI ,vrir la grande route qui, de Rastadt , va débousur le Necker. ^ n .

Moreau n’avait avec lui que sa gauche; s ° n ,tre, sous Saint-Cyr, était resté en arrière.s’emparer de quelques postes dans les Monta»^.^Noires. Cette circonstance rétablissait Tii> e h

des forces. Le 17 (5 juillet), il attaqua

Latû l,r '

Ses troupes se conduisirent avec une grande val® ’enlevèrent la position de Gernsbach , sur I eMurg, et pénétrèrent à Kuppenheim , vers le c ®.de la position ennemie. Mais, dans la P‘ a j eses divisions eurent de la peine à déboucher s °feu de l’artillerie, et en présence de la nomb 1 ^cavalerie autrichienne. Néanmoins, on abord a ^^derbulh et Rastadt , et on parvint à se rendretre de la Murg sur tous les points. On fit 1111lier de prisonniers. aJ1 s

Moreau s’arrêta sur le champ de bataille> j tvouloir poursuivre l’ennemi. L’archiduc 11point arrivé, et il aurait encore pu accablé .jtour; mais il trouvait ses troupes fatig«f e9 ’ oUfsentait la nécessité d’amener Saint-Cyr à b' 1 ’ 1 ;iagir avec une plus grande masse de force 8 » eJ .attendit jusqu’au 21 (9 juillet), avant de

uatre j°nfort

ui' s

de

une nouvelle attaque. Cet intervalle de qpermit à l’archiduc d’arriver avec un ren 'vingt-cinq mille hommes, et à l’ennem* debattre à chance égale. ( , ia ;t à

La position respective des deux armees C(1peu près la même. Elles étaient toutes j e5ligne perpendiculaire au Rhin , une ailec g j amontagnes, le centre au pied, la gauche 1 y C .plaine boisée et marécageuse qui longe j 0 ur 8Moreau, qui s’éclairait lentement, inalS ' ce sssh’ eà temps, parce qu’il conservait le calme n ^jjat'pour rectifier ses fautes, avait senti, entant à Rastadt , l’importance de porter s °^ u jqidprincipal dans les montagnes. En effet. ^ juen était maître avait les débouchés de la v* ^ 0 n-Necker, objet principal qu’on se disputait. ga-vait en outre déborder son adversaire, et e g Jedans le Rhin . Moreau avait une raison e j r iO'combattre dans les montagnes : c était S ^ ava ieri e ‘rite en infanterie, et son infériorité en ^ ce jeL’archiduc sentait comme lui 1 impm a e gca'établir, mais il avait, dans ses nom