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Tome II.
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54.2

RÉVOLUTION FRANÇAISE.

ses arrivaient, disait-on, de la Pologne et de laTurquie pour se porter vers les Alpes ; les arméesimpériales du Rhin pourraient faire maintenantde nouveaux détachements ; et, avec tout son gé-nie, le général Bonaparte, ayant toujours de nou-veaux ennemis à combattre, trouverait enfin leterme de ses succès, ne fût-ce que dans l’épuise-ment de son armée. Il était naturel que, dans l’é-tat des choses,on formât de pareilles conjectures;car les imaginations, après avoir exagéré les suc-cès, devaient aussi exagérer les revers.

Les armées d’Allemagne s’étaient retirées sansde grandes pertes, et tenaient la ligne du Rhin . Iln’y avait en cela rien de trop malheureux ; maisl’armée d’Italie se trouvait sans appui, et c’étaitun inconvénient grave. De plus, nos deux princi-pales armées, rentrées sur le territoire français ,allaient être à la charge de nos finances, qui étaienttoujours dans un état déplorable : et c’était là leplus grand mal. Les mandats, ayant cessé d’avoircours forcé de monnaie, étaient tombés entière-ment; d’ailleurs ils étaient'dépensés, et il n’enrestait presque plus à la disposition du gouverne-ment. Ils se trouvaient à Paris , dans les mains dequelques spéculateurs, qui les vendaient aux ac-quéreurs de biens nationaux. L’arriéré des créan-ces de l’État était toujours considérable, mais nerentrait pas; les impôts, l’emprunt forcé, se per-cevaient lentement; les biens nationaux soumis-sionnés n’étaien t payés qu’en partie ; les payementsqui restaient à faire n’étaient pas encore exigiblesd’après la loi; et les soumissions qui se faisaientencore n’étaient pas assez nombreuses pour ali-menter le trésor. Du reste, on vivait de ces sou-missions, ainsi que des denrées provenant del’emprunt, et des promesses de payement faitespar les ministres. On venait de faire le budgetpour l’an v, divisé en dépenses ordinaires et endépenses extraordinaires. Les dépenses ordinairesmontaient à 450 millions; les autres à 550. Lacontribution foncière, les douanes, le timbre ettous les produits annuels, devaient assurer la dé-pense ordinaire. Les 550 millions de l’extraordi-naire étaient suffisamment couverts par l’arriérédes impôts de l’an iv et de l’emprunt forcé, et parles payements qui restaient à faire sur les biensvendus. On avait en outre la ressource des biensque la république possédait encore; mais il fallaitréaliser tout cela, et c’était toujours la même diffi-culté. Les fournisseurs, non payés, refusaient decontinuer leurs avances, et tous les services man-

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quaient à la fois. Les fonctionnaires pubu L >rentiers n’étaient pas payés, et mouraient deAinsi l’isolement de l’armée d’Italie , etn ° S ceSnances, pouvaient donner de grandes espé» anà nos ennemis. Du projet de quadruple all J‘formé parle Directoire, entre la France , 1 ^

gne, la Porte et Venise, il n’était résulté en ^que l’alliance avec l’Espagne . Celle-ci, entI ‘.]j C upar nos offres et notre brillante fortune au ®^ #- .de l’été, s’était décidée, comme on l’a vu, a * e

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et

veler avec la république le pacte de fa® 1 ^ ]jelle venait de faire sa déclaration de gue»' re ^Grande-Bretagne. Venise , malgré les instan c ^ ^l’Espagne et les invitations de la Porte, ^

victoires de Bonaparte en Italie, avait ref uS s’unir à la république. On lui avait vaine® e ;<)g( |,)

présenté que la Russie en voulait à ses co \ 0 ^fieila Grèce, et l’Autriche à ses provinces d ; yque son union avec la France et la Porte,vaient rien à lui envier, la garantirait de c f? ( ^.JeSambitions ennemies; que les victoires iel c o> rdes Français sur l’Adige devaient la rassur pptf 6tre un retour des armées autrichiennes et Jela vengeance de l’Empereur; que le conC°ses forces et de sa marine rendrait ce r et0 en-core plus impossible; que la neutralité a “traire ne lui ferait aucun ami, la laisse® 1 - , Jeprotecteur, et l’exposerait peut-être a s |>el'moyen d’accommodement entre les puis® 11 lesligérantes. Venise , pleine de haine c ° eJ1 td eS 'Français , faisant des armements évide®® jjjis'tinés contre eux, puisqu’elle consultait ] ] r cf llS!ltère autrichien sur le choix d’un gène® ’ s jit-pour la seconde fois l’alliance qu’on lu» P r all t»'»'Elle voyait bien le danger de ramb» tl0 ^, aI1 ça' schienne; mais le danger des principe® u s , el

était le plus pressant, le plus grand à se ^1^elle répondit qu’elle persistait dans sa <l edésarmée, ce qui était faux, car elle a ^ Y rtous côtés. La Porte, ébranlée par lenise, parles suggestions de Vienne et ce ,terre, n’avait point accédé au projet a ,ini»

ne restait donc que la France et 1 É s P a ^ ^ jlé^

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l’union pouvait contribuer à fairc p ert ^. c0J) ifterranée aux Anglais , mais pouvait aus c ffe l ’

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mettre les colonies espagnoles. P» 4 'songeait à les faire insurger contre a jj eX iq'et il avait déjà noué des intrigues d al » s ^ - 0 t

Les négociations avec Gênes n étaien^^ e ]minées; car il s’agissait de convenir ] S joi»la fois d’une somme d’argent, de e

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