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Tome II.
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Pitt connaissait peu le continent ; il croyait sincè-rement la France ruinée, et il était de bonne foiquand il venait, tous les ans, annoncer l’épuise-ment et la chute de notre république. Il pensaitque si jamais la France avait été disposée à lapaix, c’était dans le moment actuel, soit à causede la chute des mandats, soit à cause de la re-traite des armées d’Allemagne . Du reste, soitqu’il crût la condition admissible ou non, il avaitune raison majeure d’ouvrir une négociation :c’était la nécessité de satisfaire l’opinion publique,qui demandait hautement la paix. Pour obtenir,en effet, la levée de soixante mille hommes demilice, et de quinze mille marins, il lui fallaitprouver, par une démarche éclatante, qu’il avaitfait son possible pour traiter. Il avait encore unautre motif non moins important : en prenantl’initiative, et en ouvrant à Paris une négociationsolennelle, il avait l’avantage d’y ramener la dis-cussion de tous les intérêts européens , et d’empê-cher l’ouverture d’une négociation particulièreavec l’Autriche . Cette dernière puissance, en effet,tenait beaucoup moins à recouvrer les Pays-Bas que l’Angleterre ne tenait à les lui rendre. LesPays-Bas étaient pour elle une province lointaine,qui était détachée du centre de son empire, expo-sée à de continuelles invasions de la France , etprofondément imbue des idées révolutionnaires;une province que plusieurs fois elle avait songé àéchanger contre d’autres possessions en Allemagne ou en Italie , et qu’elle n’avait gardée que parceque la Prusse s’était toujours opposée à son agran-dissement en Allemagne , et qu’il ne s’était pas pré-senté de combinaisons qui permissent son agran-dissement en Italie . Pitt pensait qu’une négociationsolennelle, ouverte à Paris pour le compte de tousles alliés, empêcherait les combinaisons particu-lières, et préviendrait tout arrangement relatif auxPays-Bas. Il voulaitenfin avoir un agent en France ,qui pût la juger de près, et avoir des renseigne-ments certains sur l’expédition qui se préparait àBrest . Telles étaient les raisons qui, même sansl’espoir d’obtenir la paix, décidaient Pitt à faireune démarche auprès du Directoire . Il ne se bornapas, comme l’année précédente, à une communi-cation insignifiante de Wickam à Barthélemy; ilfit demander des passe-ports pour un envoyé revêtudes pouvoirs de la Grande-Bretagne. Cette écla-tante démarche du plus implacable ennemi denotre république avait quelque chose de glorieuxpour elle. L’aristocratie anglaise était ainsi réduite

RÉVOLUTION FRANÇAISE .

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à demander la paix à la république régicide-passe-ports furent aussitôt accordés. Pitt fit c ^de lord Malmesbury , autrefois sir Harras, et ^de l’auteur d 'Hermès . Ce personnage n’était P

connu pour ami des républiques ; il avait

conti' 1 '

bué à l’oppression de la Hollande en 1787.^1 ariva à Paris avec une nombreuse suite, le ^maire (23 octobre 1796). ^

Le Directoire se fit représenter par le 111,111Delacroix. Les deux négociateurs sévirent a

l’hôte 1

des Affaires étrangères, le 3 brumaire an v ^tobre 1796). Le ministre de France exhib®pouvoirs. Lord Malmesbury s’annonça com 1116voyé de la Grande-Bretagne et de ses allié s ’ a . (| ,de traiter de la paix générale. Il exhiba e ll51 |j^ses pouvoirs, qui n’étaient signés que pa® 1 ^ n ° s ’ilterre. Le ministre français lui demanda a ^° r ^ n(; ,avait mission des alliés de la Grandc-Bi' et ‘| a fl|1 .pour traiter en leur nom. Lord Malmesbury rt P. rdit qu’aussitôt la négociation ouverte, et I e P j ccipe sur lequel elle pouvait être baséeroi de la Grande-Bretagne était assuré d° j or Jle concours et les pouvoirs de ses alliés-remit ensuite à Delacroix une note de sa ,\dans laquelle il annonçait le principe su 1 e ,^[1devait être basée la négociation. Ce princip 61 [( , scelui des compensations de conquêtes e °_ tr ce ttepuissances. L’Angleterre avait fait, fi isal l a „cenote, des conquêtes dans les colonies; 1® j-^jren avait fait sur le continent aux alliésgleterre; il y avait donc matière à res 11de part et d’autre. Mais il fallait convc® 11 ^ j ebord du principe des compensations aŸ8 ^s-s’expliquer sur les objets qui seraient c0lïl ^ e jpli'On voit que le cabinet anglais évitait <i e s ^ a g,quer positivement sur la restitution des P®} 5et énonçait un principe général pour ne P ^ fll j-rompre la négociation dès son ouverture- a nnistre Delacroix répondit qu’il allait en reDirectoire . ^ les

Le Directoire ne pouvait pas abané 011 j' a u"Pays-Bas ; ce n’était pas dans ses pouvoirs, e®“rait-il pu, il ne le devait pas. La France ® ^ e i

vers ces provinces des engagements d ^ 1 ° n ” ( , eS (I ene pouvait pas les exposer aux venge® e [lcl’Autriche en les lui restituant. D aille uravait droit à des indemnités pour la g ucrr ® aV aitqu’on lui faisait depuis si longtemps,droit à des compensations pour les a |j\ sS j e e®ments de l’Autriche , la Prusse et la jev»* 1Pologne , par les suites d’un attentat, c