3S8 RÉVOLUTION
torieuse, la France n’aurait pas gagné une seuleprovince, tandis que les puissances du Nord ve-naient de se partager un royaume et que l’Angle-terre venait de faire dans l’Inde des acquisitionsimmenses! La France , qui occupait encore la li-gne du Rhin, et qui était maîtresse de l’Italie ,aurait évacué le Rhin et l’Italie sur la simplesommation de l’Angleterre! De pareilles condi-tions étaient absurdes et inadmissibles ; la seuleproposition en était offensante, et elles ne devaientpas être écoutées. Le ministre Delacroix les écoutacependant avec une politesse qui frappa le mi-nistre anglais , et qui lui fit même espérer qu’onpourrait poursuivre la négociation.
Delacroix donna une raison qui était mauvaise :c’est que les Pays-Bas étaient déclarés territoirenational par la constitution; et le ministre anglais lui répondit par une raison qui ne valait pasmieux, c’est que le traité d’Utrecht les attribuaità l’Autriche . La constitution pouvait être obliga-toire pour la nation française, mais elle ne con-cernait ni n’obligeait les nations étrangères. Letraité d’Utrecht était, comme tous les traités dumonde un arrangement de la force que la forcepouvait changer. La seule raison que le ministrefrançais devait donner, c’est que la réunion desPays-Bas à la France était juste, fondée sur toutesles convenances naturelles et politiques, et légi-timée par la victoire. Après une longue discussionsur tous les points accessoires de la négociation,les deux ministres se séparèrent. Le ministre De-lacroix vint en référer au Directoire , qui, s’irri-tant à bon droit, résolut de répondre au ministreanglais comme il le méritait. La note du ministreanglais n’était pas signée, elle était seulementcontenue dans une lettre signée. Le Directoire exigea, le jour même, qu’elle fût revêtue desformes nécessaires, et lui demanda son ultima-tum sous vingt-quatre heures. Lord Malmesbury ,embarrassé, répondit que la note était suffisam-ment authentique, puisqu’elle était contenue dansune lettre signée, et que, quant à un ultimatum,il était contre tous les usages de l’exiger aussibrusquement. Le lendemain, 29 frimaire (19 dé-cembre), le Directoire lui fit déclarer qu’il n’écou-terait jamais aucune proposition contraire auxlois et aux traités qui liaient la république; il fitajouter que lord Malmesbury ayant besoin de re-courir à chaque instant à son gouvernement, etremplissant un rôle purement passif dans la négo-ciation , sa présence à Paris était inutile ; qu’en
FRANÇAISE.
. ■ . lui
conséquence il avait ordre de se retirei,
toute sa suite, sous quarante-huit ^ eureS ’ c j e r,
d’ailleurs des courriers suffiraient pour ncg°
sées par la république française.
elle
le
Ainsi finit cette négociation, dans la? 0 ® ,»
° coi » 01
Directoire, loin de manquer aux formes, - ^
on l’a dit, donna un véritable exemple de francdans ses rapports avec les puissances e ° neI I] [ C a'Il n’y eut point ici d’usage violé. Les eoiiii° 0lions des puissances portent, comme touteslations entre les hommes, le caractère du 1 jj |tde la situation, des individus qui gouverne 0gouvernement fort et victorieux parle au tr ^qu’un gouvernement faible et vaincu ; et il c °^ | anait à une république appuyée sur la j ustlC ® etvictoire, de rendre son langage pronipU
tic
re-
publie.
Pendant cet intervalle, le grand projetche sur l’Irlande s’effectuait. C’était là ce ? jf e t,doutait l’Angleterre, et ce qui pouvait, Êll j )1 , 1 iiisla mettre dans un grand péril. Malgré 1^ u guladroitement semés d’une expédition en " prisou en Amérique , l’Angleterre avait bien c ° pjttl’objet des préparatifs qui se faisaient à » c 1avait fait lever les milices, armer le s c - eü (, s 'donné l’ordre de tout évacuer dans l’intc flles Français débarquaient.
de g'
m*’ 1
fit»'
le-
PC
t ”
mentaire et les catholiques présentai^ 11île une masse suffisante pour opérer ° ^ |)V( ,ri )C
ves inquiétudes. Les partisans de la
cr f to ut p r ;;
pour s’entendre avec le Directoire . ^rde<sageait qu’une expédition pourrait caus ^ ^ ce pi
ment. Ils auraient volontiers adopté u ° ^ 0 p r ai) c ®’ment républicain, sous la garantie d e à p;U' |Set ils avaient envoyé des agents secr® 18 { P rl j,
tC
embarras à l’Angleterre, et la réduir® 0 ^ ciune tout autre paix que celle qu’ell e v g Jjffrir. Hoche, qui avait consumé les yo) 11 ^
les années de sa vie dans la Vendée ’ jpai -05 ’les grands théâtres occupés par B° . U n ^reau et Jourdan, brûlait de s en ,° U o j J j e aJ Ÿ f r sIrlande . L’Angleterre était un aussi 0saire que l’Autriche , et il n y :ival Un e jt!d’honneur à la combattre et à la vainc ^ a jiaifpublique nouvelle s’élevait en Ita‘* e ’ a ;t 1 ) ®‘ ,
devenir le foyer de la liberté. Hoche irW ieet possible d’en élever une parei e ^ pc»côté de l’aristocratie anglaise. Usé