498
RÉVOLUTION FRANÇAISE.
de séparer les Mameluks du camp retranché, deles envelopper, de les pousser dans le Nil , et den’attaquer Embabeh qu’après s’être défait d’eux. Ilne devait pas lui être difficile de venir à bout dela multitude qui fourmillait dans ce camp, aprèsavoir détruit les Mameluks.
Sur-le-champ il donna le signal. Desaix, qui for-mait l’extrême droite, se mit le premier en marche.Après lui venait le carré de Régnier, puis celui deDugua, où était Bonaparte. Les deux autres circu-laient autour d’Embabeh, hors delà portée du ca-non. Mourad-Bey, qui, quoique sans instruction,était doué d’un grand caractère et d’un coup d’œilpénétrant, devina sur-le-champ l’intention de sonadversaire, et résolut de charger pendant ce mou-vement décisjf.Il laissa deux mille Mameluks pourappuyer Embabeh, puis se précipita avec le restesur les deux carrés de droite. Celui de Desaix,engagé dans des palmiers, n’était pas encore formélorsque les premiers cavaliers l’abordèrent. Maisil se forma sur-le-champ et fut prêt à recevoir lacharge. C’est une masse énorme que celle de huitmille cavaliers galopant à la fois dans une plaine.Us se précipitèrent avec une impétuosité extraor-dinaire sur la division Desaix. Nos braves soldats,devenus aussi froids qu’ils avaient été fougueuxjadis, les attendirent avec calme, et les reçurent,à bout portant, avec un feu terrible de mousquete-rie et de mitraille. Arrêtés par le feu, ces innom-brables cavaliers flottaient le long des rangs, etgalopaient autour de la citadelle enflammée. Quel-ques-uns des plus braves se précipitèrent sur lesbaïonnettes, puis, retournant leurs chevaux et lesrenversant sur nos fantassins, parvinrent à fairebrèche, et trente ou quarante vinrent expirer auxpieds de Desaix, au centre même du carré. Lamasse, tournant bride, se rejeta du carré de Desaixsur celui de Régnier qui venait après. Accueilliepar le même feu, elle revint vers le point d’oùelle était partie ; mais elle trouva sur ses derrièresla division Dugua que Bonaparte avait portée versle Nil , et fut jetée dans une déroute complète.Alors la fuite se fit en désordre. Une partie desfuyards s’échappa vers notre droite, du côté desPyramides; une autre, passant sous le feu de Du-gua, alla se jeter dans Embabeh, où elle porta laconfusion. Dès cet instant le trouble commençaa se mettre dans le camp retranché. Bonaparte,s’en apercevant, ordonna à ses deux divisions degauche de s’approcher d’Embabeh pour s’en em-parer. Bon et Menou s’avancèrent sous le feu des
retranchements, et arrivés à une certaine a ^firent halte. Les carrés se dédoublèrentmiers rangs se formèrent en colonnes d a ‘ (
tandis que les autres restèrent en carre, -a ^toujours de véritables citadelles. Mais au ^instant, les Mameluks , tant ceux que Mou r ‘laissés à Embabeh que ceux qui s’y étaient ^giés, voulurent nous prévenir. Us fond»' e „nos colonnes d’attaque, tandis quelles B ij>
-.iw-:- —h— S ui-le- c ‘ ^
marche. Mais celles-ci, s’arrêtant »•**_- r j-
et se formant en carré avec une merved )epidité, les reçurent avec fermeté, et en an-un grand nombre. Les uns se rejetèrent ^ al ^ (r eS,babeh, où le désordre devint extrême ; l eSfuyant dans la plaine, entre le Nil etnoti e ^ s c°'furent fusillés ou poussés dans le fleuve- . e j,,lonnes d’attaque abordèrent vivement » mi'
tude des fellahs et des janissaires. B ea " t fC el-
s° nt ‘ #
s’en emparèrent, et jetèrent dans le *■— ,,
lea» c ° 1
noyèrent; mais comme les Egyptiens solents nageurs, le plus grand nombre d el> \pparvint à se sauver. La journée était « ■ p
Arabes , qui étaient près des pyramides et j,;-tendaient une victoire, s’enfoncèrent d» I,s ct lesert. Mourad, avec les débris de la cavale 1- ^^^.visage tout sanglant, se retira vers la haute & pIbrahim, qui de l’autre rive contemplé . , er e®sastre, s’enfonça vers Belbeys, pour se rC ^ a ti*Syrie. Les Mameluks mirent aussitôt I e te prO' edjermes qui portaient leurs richesses. L e (0 uFnous échappa, et nos soldats virent peula nuit des flammes dévorer un riche b gjsel 1 ’Bonaparte plaça son quartier-géne*’ 8 uii 1 ’sur les bords du Nil , où Mourad-Bey * v s oi lsuperbe habitation. On trouva, soit a c ( a® 6à Embabeh, des provisions consoldats purent se dédommager de I e11 , er tes‘ eprivations., Us trouvèrent des vignes co ^ rmagnifiques raisins dans les jardins d« s,|)
iC^’
les eurent bientôt vendangées. Mais — ^
le champ de bataille un butin d’une au*®®c’étaient des schalls magnifiques, de b e e . el)t jn s 'des chevaux, et des bourses qui renfei’ nia ^ jjrqu’à deux ou trois cents pièces d’or; cal ^ e®*;meluks portaient toutes leurs richesses iJ)t ■'Us passèrent la soirée, la nuit et le l enC }IP ]C 'recueillir ces dépouilles. Cinq à six ccn^ g 0 y&luks avaient été tués. Plus de mille éta' e )( icl |Cf