SUR LA VIE DU MARQUIS DE HOUILLE. xix
de nos armes! Cetie gloire militaire qui si long-tempsavait été son idole , brillait, dansles rangs de nos guerriers,d’un éclat qu’il ne pouvait méconnaître- Royaliste, leurssuccès reculaient son espérance; Français , leurs exploitsflattaient son orgueil. Cent fois il avait regretté d’inutilesmenaces échappées à la chaleur de son premier mouve-ment, et dont pouvait s’offenser la patrie (i). Il avait vul’invasion des armées étrangères sans approuver de vainesjactances , et quand depuis la fortune passa du coté de laFrance , il ne prodigua point aux vainqueurs des dédainsaffectés. Il ne reprochait point leur naissance à des géné-raux ennoblis par tant de victoires. Leur bravoure obtenaitson estime, leurs talens ses éloges : il leur donnait sans con-trainte le nom de vaillans capitaines , parce qu’il pouvaits’avouer sans orgueil qu’il n’eût point été déplacé prèsd’eux. Il est possible enfin qu’il prévît le moment où letrône rétabli parmi nous , appelant près de lui tous lesgenres d’illustration, aurait à la fois pour appuis, etceux qui rehaussent l’éclat du rang qu’ils ont reçu deleurs pères, et ceux qui laisseront un grand nom à leursdescendans.
Il est aisé de voir, du moins, en lisant les Mémoiresde M. le marquis de Bouillé , que les souvenirs de sonpays se représentaient à chaque moment à son esprit etsous sa plume. Londres était depuis quelque temps sonséjour habitue], quand les attaques d’une maladie dou-loureuse l’enlevèrent à sa famille (2). A ses derniers instans
(1) Voyez dans les Mémoires ce qui concerne la lettre écrite parM. de Bouillé à l’Assemblée nationale.
(2) Le 14 novembre 1800, M. de Bouillé mourut à Londres des suitesd’une paralysie, à l’âge de 61 ans. Ses cendres ont été déposées aucimetière de Saint-Pancrace , dans un tombeau modeste que lui fitélever la piété de son fils aîné. 11 laissa en mourant trois enfans : Louis-