NOTICE
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l’inexpérience du duc d’Yorck , et, plus tard , la Vendée le demandait pour chef (i). Mais il se lassa d’accom-pagner un général qui n’écoutait sa voix que dans les re-vers, et n’accepta point le commandement d’une arméedont il appréciait les efforts héroïques sans se dissimulerleur impuissance.
La rédaction de ses Mémoires occupait en Angleterreles dernières années de sa vie. C’était en 1797. Dans laHollande, en Suisse , en Espagne , sur les bords de l’Adigeou du Rhin , partout, à cette époque, les troupes françaises avaient été victorieuses. A travers les opinions toutes mo-narchiques etlessentiroens tout dévoués de M. de Bouille,Bon entrevoit qu’il n’était point insensible au triomphe
Monsieur , aujourd’hui Sa Majesté Louis XVIII , lui donna des pouvoirsécrits tout entiers de sa main et conçus en ces termes :
a Vu l’état de captivité du roi mon frère, et du dauphin mon nc->> veu, en vertu des droits de ma naissafice et des pouvoirs que j'ai reçus)> de Sa Majesté, j’autorise M. te marquis de Rouillé à traiter avec Fem-» pereur et le roi de Prusse des opérations dont le but doit être la li-» berté du roi et le s$lut de la France . Au château de Schounbornlust,» près Coblentz , ce i/JaoÇit 1791. Signé Loois-Stawislas-X avter. »(Pièce communiquée par la famille de M. de Bouille .)
(1) En 1792, M. de Bouille, comme on le verra dans ses Mémoires,s'honorait de servir auprès de l’héritier des Condé. Lorsqu’on 1793, l’An-gleterre envoya une armée en Flandre , le duc d’Yorck qui la comman-dait engagea M. de Bouille à venir l’aider de ses conseils; M. de Bouilley consentit par dévouement à la cause qu’il avait embrassée; mais itse lassa bientôt de suivre un jeune prince qui, confiant dans le succès, nel’appelait jamais que pour réparer des fautes. M. de Bouille se trouvaitau quartier-général du duc d’Yorck, lorsqu’il reçut du prince qui règneaujourd’hui en France uue lettre qui l’appelait au commandement del’armée de l’Ouest. Cette lettre renfermait les témoignages de confianceles plus flatteurs donnés par l’auguste personne qui l’avait écrite : elleexprimait en outre le vœu des Vendéens, qui désiraient avoir M. deBouille' pour chef. Mais sa santé neîui permit pas de donner encore cettenouvelle preuve de son dévouement.