4 MÉM. DU MARQ. DE ROUILLÉ.-AVERTISS.
leurs honneurs et de leurs richesses, voudraientôter au public le droit qu’il a de juger leur con-duite. Je désire sincèrement qu’à travers tous lesmaux que la révolution a causés à la France et àl’Europe entière, il en sorte du moins le bien d’ap-prendre aux hommes,et aux Français particulière-ment, à être plus dociles aux leçons de la vérité,dont l’histoire principalement doit porter le carac-tère sacré; ^t que les écrivains, garantis des pré-jugés qui l’enchainaient, puissent la répandre aveccette liberté et cette impartialité qu’on remarquedans les historiens anglais , et qui leur a fait obte-nir la supériorité dans ce genre de littérature surtoutes les autres nations, sur les Français même,qui les ont rivalisés et surpassés en d’autres.
Si le style de ces Mémoires manque d’élégance,peut-être même de pureté, l’intérêt des faitsqu’ils contiennent, les vérités qu’ils renferment,et la clarté suffisante avec laquelle ils sont écrits,feront excuser, je l’espère, les défauts de la dic-tion. Je n’ai pas prétendu écrire en homme delettres, et comme dit Montaigne : Simplicioramililares decent.