AVERTISSEMENT.
3
que nous avons mérites sans doute , et qui doiventservir de leçon à la postérité, instruite par nosexemples. Mais, je le répète, je n’ai été dirigé paraucun sentiment personnel. Si cependant cet ou-vrage de peu de conséquence, qui n’est qu’un ré-cit de quelques faits importans de la révolution,et une explication succincte de ma conduite, ac-compagnée, il est vrai, de réflexions qui y sontrelatives, a pu exciter des murmures, des plaintes,des reproches, et jusqu’à des réclamations de lapart de quelques personnes dont la résignation de-vrait remplacer, dans ce moment, tout autre senti-ment; doit-on être étonné des difficultés qu’ontrencontrées en France , en d’autres temps, ceuxqui, ayant employé leurs talens et leur loisir àécrire l’histoire de leur pays, ont été non-seule-ment arrêtés par des considérations particulières,mais enchaînés par la crainte à laquelle ils ont sou-vent été contraints de sacrifier la vérité? On se rap-pelle encore que le cardinal de Richelieu fit périrde Thou sur l’échafaud, pour se venger du mal quel’historien de Thou, son père, avait dit du siendans son histoire, la seule bonne que l’on con-naisse en France . Aucun écrivain, depuis, n’a osél’écrire avec la vérité qu elle exige, dè peur de cho-quer les préjugés des différens corps, des diflérensordres, et même des différentes classes de la so-ciété, et encore plus de provoquer la vengeancedes grandes familles qui, pensant hériter de la ré-putation de leurs aïeux comme de leurs titres, de