6 MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUILLE.
comme tant d’autres, de mon dévouement à monprince et à ma patrie, obligé de l’abandonner, etn’emportant dans mon malheur que le sentimentd’une conduite honorable, j’ai entrevu qu’on cher-chait à troubler encore en moi cette seule et der-nière consolation.
Les anarchistes et les jacobins m’ont appelé untraître et un infâme; les constitutionnels, un par-jure. Ceux même dont j’avais défendu la cause,les royalistes, ne m’ont pas toujours bien traité.La plupart m’ont représenté comme un hommeuniquement guidé par son ambition. J’ai mépriséles premiers qui sont des scélérats ou des fous ;j’ai plaint les derniers, ils sont aigris par le mal-heur qui rend souvent injuste; et j’aurais gardé lesilence, si cette injustice sur mes principes et surma conduite ne s’était répandue en même tempsdans les pays étrangers.
Des écrivains anglais justement estimés, ontconsigné dans leurs ouvrages les calomnies queles jacobins les plus forcenés se sont permisescontre moi. Le New annual Register, de l’annéeiygi , s’exprime ainsi au sujet de l’affaire deNanci :
« Cependant un tel arrangement ne convenait pas» aux vues du perfide et sanguinaire Bouillé . Sansy, attendre le résultat de la députation de Nanci,» il se hâta, avec une fatale témérité ( ainsi que ses» partisans eux-mêmes l’ont avoué ), de mettre à» exécution le décret du 16. Il rassembla toutes