INTRODUCTION.
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perfidie, la mauvaise foi et le mensonge sont lesressources de la faiblesse.
Mais si les moeurs de cette nation commençaientà se corrompre ; si le respect pour la religion s af-faiblissait; si l’esprit public s’éteignait; si 1 interetparticulier prévalait ; si la soif de l’or détruisaitl’amour de la patrie ; si l’esprit d’innovation s’in-troduisait, et si quelques hommes hardis osaientporter une main sacrilège sur les lois fondamentalesde ce pays ; que le spectacle de la dissolution d’undes plus beaux empires du monde se présente à lavue d’un peuple humain, ami de l’ordre et de laliberté ; que les hommes éclairés recherchent lescauses de cette dissolution, elles sont les mêmesqui ont détruit et plongé dans le néant les grandsempires qui ont brillé long-temps sur la terre.
Je vois que l’on s’est mépris assez généralementsur celles de la destruction de la France , et qu’on apris les conséquences pour les principes. Ce ne sontni les vers qui rongent le cadavre, ni les vautoursqui le dévorent, qui engendrent la mort et la cor-ruption. Ce ne sont pas les hommes que nousavons vus à la tête de la révolution qui l’ont pro-duite ; c’est elle, au contraire, qui a dû produirede tels hommes.
Acteur quelquefois dans les événemens qui sesont passes en France depuis trente ans ; toujoursobservateur attentif, peut-être ai-je pu , mieuxque bien d’autres, discerner les causes qui ontamené cette grande catastrophe. Qu’on me per-