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MÉMOIRES DU MARQUIS DE ROUILLÉ .
retour des Indes occidentales; donner une idée dela situation des principales nations de l’Europe qui avaient le plus de rapport avec la France , etm’arrêter à l’époque de l’entrée des armées impé-riales et prussiennes dans ce royaume. La véritéqui a dirigé ma plume, éclairera, sur ma conduite,une nation dont j’ai toujours cherché à mériter lessuffrages, que j’ai estimée quand j’étais son en-nemi , et qui m’a donné, dans mon malheur , unehospitalité douce et généreuse.
Puisse la Grande-Bretagne jouir encore long-temps des fruits de son heureuse constitution, etcontinuer de donner l’exemple d’un gouvernementsage et modéré, également éloigné du despotismeet de l’anarchie! Puisse-t-elle, parmi les richessesqu’accumulent chaque jour son commerce et sonindustrie, conserver son esprit public, auquel elledoit sa grandeur et sa prospérité !
Un empire, que sa situation rend indépendant,que ses richesses mettent en état de soudoyer lesplus nombreuses et les meilleures armées en Eu rope ; un empire, de l’appui duquel tous les autresont besoin, peut et doit contribuer à leur tranquil-lité; il y trouve même son avantage par l’accrois-sement de son commerce et de sa prospérité. Lebonheur de l’Angleterre est lié à celui du monde.Toutefois sa puissance, au lieu d’être utile, devien-drait nuisible, si elle n’était appuyée par l’opinionde sa loyauté et de sa fidélité dans ses engagemens.Ces vertus appartiennent à la force , tandis que la