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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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28 MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUILLÉ.

contraires à tous les traités, mais soutenues parune armée prête à envahir leur territoire. LaFrance les garantit cette fois; mais quelques an-nées après elle abandonna lâchement le parti dé-mocratique qu’elle avait réveillé , élevé et armé.

Les Hollandais, quand je les vis, jouissaientencore des débris de leur ancienne splendeur ; laprospérité, l’abondance, les richesses étaient géné-ralement répandues chez eux : les vertus domesti-ques existaient encore, mais il n’y avait plus d’es-prit public; le gouvernement était corrompu.

Ce peuple, si célèbre et si industrieux autrefois,conservait à peine le souvenir de sa grandeurpassée; les sources de sa puissance et de sa for-tune se tarissaient, et cette nation se fût éteinted’elle-même, si des événemens extraordinairesn’avaient accéléré sa ruine.

La Prusse m’offrit un spectacle bien différent :un gouvernement militaire, qui transformait tousles sujets en soldats, qui mettait une autorité ab-solue entre les mains du souverain. La nationétait une armée , la cour un camp, le monarqueun général ; de son mérite, de ses vertus , de sestalens, dépendaient la gloire et la prospérité deses peuples, et la sûreté de ses Etats. Le gouver-nement était le même que celui des Goths et desVandales, leurs ancêtres, qui, après avoir détruitl’empire romain , l’avaient transporté des bords del’Elbe en Italie , en Afrique et sur le Tage.

Frédéri était donc ce qu’il y avait de plus eu-