CHAPITRE II. 27
agites dans un sens contraire. Les vices et la fai-blesse de leur gouvernement les avaient contraints,dans des circonstances critiques, d’augmenter lapuissance héréditaire du chef suprême de la forcemilitaire , devenu le principal magistrat de cetterépublique aristocratique (1) : le danger cessé, lemême pouvoir avait subsisté. Une grande partiede la nation voulait dépouiller la maison d’Orangede cette énorme prérogative , et changer les formesdu gouvernement pour le rendre plus populaire ;ce parti était soutenu par la France , qui lui avaitdonné assez de force et d’influence pour entraînerles Etats-Généraux dans la guerre contre l’Angle-terre, malgré le stathouder et les aristocrates. LesProvinces-Unies étaient au moment d’éprouverune révolution dans leur gouvernement qui, toutvicieux qu’il était, leur avait procuré jusque-là dela tranquillité, des richesses, et le bonheur dontles peuples comme les particuliers savent peujouir, et qu’ils savent encore moins conserver;elles étaient en outre menacées par l’empereurJoseph, qui formait contre elles des prétentions
(1) En 1672 , lors de l’invasion de Louis XIY en Hollande , eten 1747, après la prise de Berg-op-Zoom , le stathouder reçut denouveaux pouvoirs, et fut nommé chef des nobles de Hollande.Son successeur, jusqu’en 1794, avait conservé celte prérogative,qui lui donnait une grande influence dans les assemblées généralesetparticulières des Etats-Généraux, étant,par ce moyen , toujoursprésident des comités des provinces, qui se tenaient à La Haye .
M. de B.