52 MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUII.LÉ.
dans le même temps il projetait l’acquisition de laBavière en échange des Pays-Bas , où ses innova-tions avaient causé une grande fermentation, etdont il faisait raser toutes les forteresses ; il susci-tait une guerre à la Hollande , qui de.vait intéresserles grandes puissances de l’Europe , et il étendaitses vues ambitieuses jusque sur la Turquie . 11 en-treprit tous ces projets à la fois ; il échoua danstous, et il vit, quelques années après, en mourant,ses plus belles provinces révoltées chasser sestroupes , lui faire une guerre ouverte , et les autresprêtes à se soulever : la seule chose à laquelle ilréussit, fut de former une armée excellente et defonder une puissance militaire formidable.
Je revins en France à la fin de l’année : je repré-sentai à M. de Vergennes les avantages qui résul-teraient pour la France d’entrer dans la grandeconfédération que le roi de Prusse allait former, etde la détacher de la maison d’Autriche , dont l’al-liance avait été jusqu’ici plus nuisible qu’utile. Il enconvint avec moi, mais il me dit qu’on serait tou-jours à temps de faire un traité avec la Prusse. Jelui objectai que le retard pouvait avoir des incon-véniens, dont .le plus grand était de laisser le roi
partie -de celui des évêques et des abbés qu’il jugea être tropriches ; il établit une caisse de religion qui dut renfermer les fondsprovenans des spoliations du cierge' et même des églises, s’étantemparé des trésors de plusieurs. Cette caisse de religion devint,par la suite , une caisse militaire. Il voulut changer le rituel desprêtres , il y fit même des changemens. M. de B,