CHAPITRE II.
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de l'état des choses, déclarant que , d’après les in-formations qu’il avait prises , la cour de Londres ,malgré son intérêt pour la maison d'Orange , n’a-vait aucun projet hostile et ne préparait aucun ar-mement. On se désista donc de toute participationultérieure au plan proposé par le rhingrave, et onrefusa même positivement la cession pure et simplede Trinquemale. On lui refusa encore deux régi—mens étrangers qu’il proposait de prendre à la soldede la Hollande, ainsi que les officiers générauxqu’il demandait pour aller prendre possession deTrinquemale en son nom, ou plutôt au nom duparti patriote. Voilà l’exacte vérité, d’après la-quelle il ne saurait y avoir lieu d’inculper le gou-vernement français , et de le taxer de mauvaise foi.Il n’a eu de projet hostile qu’en supposant ceux del’Angleterre, et il y a renoncé dès le moment où iln’a aperçu aucun prétexte fondé , et il s’est alorsrefusé aux propositions les plus avantageuses.
En 1787, la révolution de Hollande éclata ; ellelut bientôt étouffée par une armée prussienne,commandée par le duc de Brunswick. Le partifrançais fut abattu, les aristocrates reprirent ledessus, la maison d’Orange son ancienne influence,et le slalhoudérat sa prérogative et sa puissancepremière. Tous les liens entre la Hollande et la1 rance, qui l’avait abandonnée, furent rompus,et le grand projet de la conquête de l’Inde fut dis-sipé en fumée.