CHAPITRE 111.
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temps après, de prendre les rênes du gouverne-ment, que le roi eut l’imprudence de lui confier,en le faisant premier ministre. Il congédia lesnotables dont il eût pu se servir utilement parl’influence que ses intrigues lui avaient donnée surleur conduite. Ils avaient contribué, autant que lafaveur de la reine, l’assistance de son ordre et l’o-pinion publique, à lui faire obtenir une placequ’il désirait depuis long-temps, sans avoir lestalens nécessaires pour la remplir. Les notablesrapportèrent dans leurs provinces du mépris pourla cour et la connaissance de la faiblesse du gou-vernement et du désordre des finances, dont ilsavaient approfondi tous les détails, et qu’ils exa-gérèrent encore. A l’issue de cette assemblée, je
peu près à 3 millions , sur lesquels le roi payait pour pensions àtles curés et à des ecclésiastiques, pour des hôpitaux et des éta-Idissemens religieux qui auraient dû être à la charge du clergé, envi-ron 4 à 5 millions. Ainsi, en 1787, le roi ne recevait rien du clergé,il lui coûtait au contraire près de 1 million 5oo mille livres. ( Voyezles Mémoires de M. Neclxer sur les finances. ) Si lors de l’assembléedes notables , en 1787 , le clergé , ainsi qu’on le lui proposa alors,ne se fût pas refusé avec opiniâtreté à payer ses dettes , en vendantses droits seigneuriaux , ceux de chasse , en aliénant même quel-ques bénéfices vacans , ainsi que le cardinal de Richelieu l’y avaitcontraint à l’assemblée des notables tenue en 1626, en payant,comme les autres propriétaires du royaume , les deux vingtièmesou le dixième de son revenu , et une capitation que l’on ne peutpas évaluer à moins de 3 ou 4 millions , il aurait alors contribuépour 21 à 22 millions aux charges de l’État. En 1710, le clergéavait racheté sa capitation pour la somme de 24 millions.
M. de B.