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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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44 MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUILLE.

«ion, ëlaient bien intentionnés, et en auraiententraîné la totalité, si les intrigues de larehe-vèque de Toulouse , depuis cardinal de Loménie,un des notables, qui voulait parvenir au ministère,qui était soutenu par les autres ministres, par lareine elle-même , et secondé par les membres duclergé et de la magistrature, neussent fait dispa-raître les bonnes dispositions de lassemblée (i).Elle ne soccupa donc quà détruire le ministrequi lavait formée; et celui-ci, abandonné par leroi, fut disgracié et forcé de quitter le royaume ,dans la crainte dêtre livré à la vengeance des par-lemens et à la fureur du peuple. i

Le cardinal de Loménie fut chargé de ladmi-nistration des finances. 11 eut la témérité, peu de

(1) Le clergé, en France , formait un ordre , dans lÉtat, quiavait conservé le droit de régler les contributions quil devaitpayer, den faire la répartition et la levée : il sétait même refuséde donner au gouvernement lévaluation de ses biens , qui nontété connus que lors de la révolution , et que lon trouva monteralors à 180 millions de revenu. Il nétait obligé envers lÉtat, de-puis long-temps , quà payer dix millions de décimes. Les autrescontributions que le gouverncmentlui demandait et quilaccordait,sappelaient don gratuit, il sassemblait par députés , tous les cinqans , pour cet objet principalement, et pour régler quelques affairesecclésiastiques. Il faisaitalors undonau roi,ordinairementde i 5 mil-lions, pour le paiement duquel il ouvrait un emprunt, dont linté-têt était imputé sur les décimes quil payait au roi, auquel il nefaisait conséquemment quun prêt au lieu dun don. En 1787 , lesdettes du clergé, en raison de son don gratuit, montaient à en-viron 160 millions ; il payait au-delà de 7 millions dintérêts : cequi réduisait la recette des décimes, pour le compte de lÉtat, à