CHAPITRE IV.
pian que ces (leux hommes avaient conçu, et quele dernier exécuta : les erreurs des hommes d’Etatsont quelquefois utiles à ceux qui suivent la mêmecarrière, en leur faisant connaître les écueils contrelesquels ils ont échoué. Le cardinal de Loménie,en outre des maux que sa conduite politique avaitcausés au royaume pendant son court ministère,laissa, en le quittant, les semences de plus grandsmaux encore, qui se développèrent sous celui deson successeur. M. de Loménie enflamma l’espritdéjà très-inquiet du public, en proposant aux gensde lettres et aux écrivains cette question à résoudre :« Quels étaient les principes et les formes les meil-» leures à donner aux états-généraux qu’on devait» assembler/ (t) » H fît un bien plus grand mal ,en se servant des vertus de Louis XVI pour élever1 édifice d’un gouvernement philosophique, dontla base politique était Légalité , et dont le principemoral, dépouillé de l’appui du culte religieux, lepremier lien social, était fondé sur les lumières dela raison, suffisantes, selon les philosophes, pouréclairer le peuple sur ses devoirs, et le contenirdans les bornes qu’ils prescrivent. Afin de parvenir
(i) Le cardinal de Loménie fit rendre par le roi une déclaration,qui invitait les gens de lettres à proposer au gouvernement lesmoyens et le mode le meilleur pour former les états-généraux duroyaume. C’est alors que l’abbé Sieyes fit cet ouvrage intitulé :Qu est-ce que le tiers-état ?... et qui a pour but de prouver quele tiers-état est la nation tout entière, moins la noblesse et leclergé. M. de B.