66 MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUIIVI.K.
traire à la discipline, et que ceux-ci accueillaienttoujours avec empressement.
Mais le parlement de Paris, ainsi que ceux desprovinces, avait déjà perdu une grande partie desa considération , de son importance, et de la con-fiance de la nation, qui avait placé toutes ses espé-rances dans les états-généraux. Il est vrai que leduc d’Orléans , en formant son plan de conspira-tion, s’était lié avec les membres les plus violenset les plus accrédités du parlement de Paris , quicroyaient faire servir ce prince à leur ambition,tandis que lui-même les fit servir à la sienne, tantqu’il crut ne trouver que dans les parlemens desennemis puissans contre l’autorité; mais dès quel’Assemblée fut formée, et qu’il en eut associé àses projets les membres les plus virulens, et deshommes dont les vues étaient plus étendues etles moyens plus grands, il abandonna les premiers.Alors les parlemens sentirent, mais trop tard,qu’en appelant les états - généraux, ils avaientperdu leur crédit auprès du peuple, et leur forcevis-à-vis du gouvernement. Ils avaient espéré defournir un grand nombre de députés à l’ordre de lanoblesse ; très-peu de leurs membres y furent élus :ils croyaient que le grand nombre d’avocats et degens de loi qui composeraient le tiers-état, conser-verait leur respect et leur dévouement pour les ma-gistrats, qui pourraient ainsi les diriger encore;ils se trompèrent. L’ambition et l’amour-proprerompirent tous les liens de la subordination, et