CHAPITRE IV.
67
tous ces membres subalternes de la magistraturen’employèrent leurs talens et leurs intrigues qu’às’élever sur ses ruines , comme sur celles des autrespremiers ordres de l’Etat; le meme esprit régnaitdans le clergé et causa également sa destruction.
Ainsi, lorsque le roi et. ses ministres croyaientse servir des états-généraux pour rendre l’autoritéroyale plus absolue et plus indépendante, les par-lemens jugeaient au contraire qu’ils seraient uninstrument utile à leur ambition : la monarchie futrenversée, et la magistrature anéantie.
Cependant M. Necker, appuyé du consentementdu roi, de l’opinion des notables , de celle du par-lement et du public, ainsi que du vœu de la ma-jeure partie de la nation , présenta au conseil duroi, le 27 décembre , son plan sur la nouvelle com-position des états-généraux ; il y fut approuvé (1).L’ouverture de l’assemblée fut indiquée pour lepremier de mai ; les élections furent fixées au moisde mars, et les états durent se tenir à Versailles .M. Necker avait proposé de les assembler à Paris ;les ministres y trouvèrent de si grands inconvéniens,que le roi fit ce seul changement à ses dispositions.Quelquesamis de M. Necker, hommes honnêtes et
(1) Dans ladéclaration queM. Necker fit au nom du roi, pourla convocation des états-généraux, il dit que l,e peuple étant leplus nombreux et le plus riche , il doit avoir un plus grand nombrede députés aux états-généraux, et une plus grande prépondérance ;et on peut dire que ce fut le texte de la révolution.
M. de B.
5 f