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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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7 3 MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUILLE.

éteindre. —Alors, me dit-il, si le mal devienttrop grand, on enverra le maréchal de Broglie ouvous, pour y rétablir l’ordre. — Eh! Monsieur,m’écriai-je, il n’en sera plus temps. » Je sortis dechez lui confondu , et je dus dès-lors prévoir lesmalheurs dont la France était menacée, d’après lesprincipes absurdes, et, j’ose dire, atroces, qui di-rigeaient la conduite du gouvernement dans descirconstances aussi critiques. M. de Montmorinn’était que l’organe de M. Necker, dont il avaitadopté le système politique, non-seulement par lafacilité extrême de son caractère, mais par unenthousiasme que cet homme avait su inspirer àbeaucoup de ses partisans les plus distingués , etdont celui-ci a toujours été pénétré, ainsi qu’il l’aprouvé par sa conduite dans la révolution.

L’ambassadeur de Suède , le baron de Staël , meproposa, au commencement de cette année , de lapart du roi de Suède , de servir sous lui, dans saguerre contre les Russes . J’acceptai, aux conditionsque le roi de France me donnerait son agrément.Ce ministre était le gendre de M. Necker, qui,ainsi que ses partisans, à la tête desquels étaientLa Fayette et les Lameth , craignait vraisemblable-ment l’opposition ouverte et énergiqne que j’avaismontrée contre leurs projets de révolution, tant àla dernière assemblée des notables, que dans lesconversations que j’avais eues avec eux chez ma-dame de Staël . Ils me voyaient avec peine à la têted’une armée, et maître d’une place d’armes et d’un