CHAPITRE T.
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l’homme (i ) étaient proclamés et répandus par toutela France ; et enfin les sans-culottes régnaient aunom de la nation , de la constitution et de l'Assem-blée, qui détruisait chaque jour des lois ancienneset en faisait de nouvelles dictées par les factieux (a).
M. Necker lui-même, ayant laissé échapper lesrênes du gouvernement, se voyait joué et ballottépar les ditîérens partis; M. de La Fayette, ayant'profité des crimes du duc d’Orléans, était maîtrede la personne du roi, souverain dans Paris où ilcommandait une nombreuse milice, pouvant, s’ille voulait, disposer de l’Assemblée qui y était ren-fermée , influençant les provinces et même unepartie de l’armée (5). Telle était la situation de la
(1) La question concernant les droits de l’homme ayant été mise
en délibération dans les trente bureaux qui divisaient l’Assemblée,vingt-huit la rejetèrent. Le député Bouche , avocat , proposa quela discussion fût faite par l’Assemblée réunie; elle fut adoptée d’a-près les cris et les menaces des tribunes. M. de B.
(2) Dans l’hiver de 178g , qui fut très-dur , la disette avait en-
gagé M Nccker à faire solder, par le roi , un grand nombre depauvres ouvriers et manœuvres qui ne trouvaient pas d’ouvrage àParis et dans les campagnes des environs. On les employait à destravaux publics, principalement aux carrières. Le nombre enmontait alors à quinze ou vingt mille ; mais le duc d’Orléans etles principaux factieux s’en étant servis dans la révolution , etles ayant payés , le nombre s’en augmenta beaucoup , par la suite,de tous les bandits qu’on attira à Paris , principalement du midi de la France et même de l’Italie ; ce qui fut l’origine des sans-culottes. M. de B.
( 5 ) Voyez la Conjuration du duc d’Orléans , par Montjoie , surles motifs , les détails de son départ et de son voyage en Angle-terre. JJ. de B.
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