CHAPÏTBE Y.
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mettrai en otage pour lui. » Je vous en dirai autantaujourd’hui de La Fayette . Je désire fort que monopinion puisse avoir quelque poids auprès de vous ;car je regarde le salut de la chose publique , commeabsolument attaché à une réunion intime entrevous deux, et, dans tous les cas, j’espère que vousme connaissez assez pour rendre justice aux senti-mens qui me dirigent. »
Cette lettre ne me tira pas de l’état pénible ou.j’étais. M. de La Fayette était un de mes plus pro-ches parens, je l’avais connu dès son enfance, j’a-vais suivi sa conduite depuis son entrée dans lemonde ; je redoutais son caractère méfiant et dis-simulé , plus que son ambition, que j’aurais désirévoir satisfaite, s’il avait voulu sauver le roi, lamonarchie et sa patrie, en arrêtant la révolutionau point où elle était alors, et en établissant ungouvernement sur des bases et sur des principessolides et convenables à la France et au génie deses peuples. M. de La Fayette le pouvait ; il étaitle seul homme qui eût alors assez de force et depuissance; mais il avait de l’ambition, sans le ca-ractère et le génie nécessaires pour la diriger: ellese réduisait au désir de faire du bruit dans lemonde et de faire parler de lui. Ce n’était pas unhomme méchant, et encore moins scélérat ; maisil était au-dessous, je pense, de la grande circons-tance où il se trouvait. Il ne m’aimait pas; je luiavais parlé souvent avec franchise, et, dès les an-nées précédentes, je lui avais reproché son esprit