CHAPITRE Y.
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à son ami M. du Châtelet; je lui témoignai ma sur-prise; je lui reprochai de m’avoir entraîné dansune démarche à laquelle M. de La Fayette ne ré-pondait pas; il m’écrivit la lettre suivante quipeint assez bien le caractère de ce dernier, quiexplique les motifs de son extrême méfiance, queje n’ai jamais pu vaincre, et qui donne quelquesdétails iritéressans.
« Paris , ce 20 novembre 1789.
» Votre lettre m’oblige, mon général, à vousrendre un compte détaillé de ma conduite avecvous, avec M. de La Fayette , et de mes relationsavec ce dernier; le voici : J’avais connu M. deLa Fayette dans mon enfance, en Amérique , àParis ; je n’étais pas lié avec lui, et j’avais , surde simples oui-dire , des préjugés assez défavo-rables sur sa loyauté. L’uniformité de nos sen-timens sur les affaires présentes, me l’a fait ren-contrer assez souvent l’hiver dernier; et je n’airien vu en lui que de très-louable. Lors de larévolution du mois de juillet, je voulus aller voir,les débris de la Bastille; je m’adressai à lui pouren avoir la permission : il était alors à l’Hôîel-de-Ville, dans un comité secret ; il me proposady rester et de dire, pour en avoir le prétexte ,que j étais son aide-de-camp. Je crus répondreà son honnetete en montant à cheval avec lui cejour-là et le jour suivant ; après quoi je lui disque tout autre pouvant lui être aussi utile que