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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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CHAPITRE VI.

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tacher à la constitution (i). L'Assemblée natio-nale avait augmenté considérablement leur paie;on les flattait d’une discipline moins sévère, eteffectivement les liens en étaient déjà très-relâchés :on blâmait la sévérité de leurs chefs, qu’on leurfaisait envisager comme des despotes orgueilleuxet comme des ennemis de cette constitution quidevait produire le bonheur de la nation et le bien-être de l’armée (2).

Voilà les deux écueils entre lesquels je devaisnaviguer sans boussole; la volonté du roi, commeles rayons du soleil dans la tempête, était couverted’un nuage épais, qui en dérobait la connaissance.Les royalistes et les aristocrates, sans appui, sans

(1) L’établissement des gardes nationales contribua beaucoup

à la révolution ; elles en furent un des premiers instrumens. Ce-pendant , en 1797 , le parti modéré et les royalistes voulaient lesrétablir pour servir leurs vues , qui auraient été remplies s’ils étaientparvenus à les remettre sur pied. M. de B.

(2) Les lois militaires doivent être promptes et actives dans leurexécution : telles étaient celles des armées romaines , telles sont ,de nos jours , celles de la marine anglaise , le corps le mieux dis-cipliné de l’Europe . L’état d’une armée est toujours violent, sou-vent convulsif ; il faut donc, pour la contenir et pour la diriger,employer des moyens qui sortent de la méthode ordinaire, et quisoient analogues à ces principes. On remarque que l’on a presquetoujours vu la discipline militaire plus rigoureuse chez les peupleslibres que chez les autres. Quand les Français se sont constituésen république, ils ont établi une discipline extx-aordinaire dansleurs armées. Celles des Romains ne se révoltèrent jamais sous lesconsu.s ; mais leur discipline se perdit sous les empereurs.

M. de B.